1001Pharmacies.com : un nouveau président pour « passer à la vitesse supérieure »

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Le co-fondateur de 1001Pharmacies.com a été écarté au profit d’un manager venu de l’extérieur qui a pour mission de redonner un nouveau souffle à la marketplace de parapharmacie. Enquête.

1001Pharmacies.com vit une phase de transition qui n’est pas évidente en termes de management.

Courant février, Cédric O’Neill, Président et co-fondateur du site de vente de produits de parapharmacie, a été écarté de la direction en raison de divergences avec les actionnaires.

Ces derniers se sont tournés vers Julien Mazerolle, Manager Partners et co-fondateur du cabinet de consulting Tioga Venture, pour reprendre en main la société exploitante de la marketplace « santé » (eNova Santé SAS).

En novembre 2015, 1001Pharmacies.com avait levé 8 millions d’euros, notamment auprès de Newfund et CM-CIC Capital Privé.

Auparavant, la start-up montpelliéraine avait été soutenue dans une phase d’amorçage à hauteur de 2,6 millions d’euros par des investisseurs comme Xavier Niel (via Kima Ventures), Pierre Kosciusko-Morizet et Olivier Mathiot (deux co-fondateurs de PriceMinister).

L’année 2016 a été mouvementée du côté de 1001Pharmacies.com avec des résultats qui ne sont pas à la hauteur et le départ de la co-fondatrice Sabine Safi survenu à la mi-2016.

L’intéressée explique sa décision à cause de « visions contradictoires » dans le déroulement de la feuille de route de la société et des différences de méthodes de management vis-à-vis de Cédric O’Neil. Elle s’en était expliquée dans une longue contribution en anglais déposée sur Medium le 11 juillet 2016.

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Les deux co-fondateurs de 1001pharmacies.com

Départ brusque

Au cours d’un entretien téléphonique avec ITespresso.fr organisé le 27 mars, Julien Mazerolle confirme avoir pris la présidence de la société eNova Santé SAS/1001Pharmacies.com le 8 février dernier. Mais il refuse d’évoquer ce qui s’est passé auparavant avant son arrivée aux commandes.

« Je suis mal placé pour en parler », considère-t-il. « Je suis orienté business. Je suis là pour développer la société et accélérer un plan de croissance ». Tout en poursuivant : « Pourquoi remuer le passé ? Cela n’a plus beaucoup d’intérêt. »

Après cet entretien, ITespresso.fr a appris par l’intermédiaire d’un investisseur tiers présent à l’AG cruciale que Cédric O’Neill a bel et bien été écarté de la direction par les actionnaires pour des divergences d’appréciation dans la conduite de la société.

Nous avons cherché à contacter le co-fondateur de 1001Pharmacies.com à ce sujet pour recueillir son point de vue. Mais en vain.

Encore début janvier, dans un article publié dans le quotidien régional La Dépêche, Cédric O’Neill s’exprimait au nom de 1001Pharmacies.com.

Il évoquait son intention de recruter un nouveau DG « pour l’épauler », prévoyait un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros à fin 2017 et envisageait un rapprochement avec un grand groupe de pharmacie.

Fin janvier, Cédric O’Neill présentait encore la nouvelle version du site marchand lors d’une soirée.

Moderniser la marketplace

En poursuivant notre discussion téléphonique avec Julien Mazerolle qui s’est tenu la semaine dernière, le nouveau patron prend quelques distances avec le plan esquissé par Cédric O’Neill.

Néanmoins, il confirme quelques fondamentaux : « 1001Pharmacies.com est positionné sur un très gros marché sur le segment santé-beauté-bien être. »

Le dirigeant précise que « des actions marketing, commerciales et techniques sont mises en œuvre dans le cadre d’un plan de croissance agressif pour passer à la vitesse supérieure ».

julien-mazerolle-1001pharmaciesEn termes de modèle économique, Julien Mazerolle (photo en médaillon à gauche) compte « moderniser la marketplace avec un véritable mécanisme de push-pull entre les partenaires et les consommateurs ».

Mais il ne s’étalera pas sur des éléments chiffrés, sachant qu’il y a eu « de grosses fluctuations les mois derniers ». Tout juste évoque-t-il « plusieurs centaines de milliers de clients ».

Sur le front des principaux indicateurs financier, le nouveau dirigeant évoque « une situation très saine avec un challenge de croissance à relever » avec une équipe d’une vingtaine de collaborateurs. Mais si l’on peut imaginer une baisse de régime du chiffre d’affaires qu’il faudra revigorer.

Phase de consolidation annulée

Difficile de faire table rase du passé…Avant l’arrivée de Julien Mazerolle, 1001Pharmacies.com envisageait un rapprochement avec le groupement de pharmacies Mediprix visant à développer une stratégie cross-canal.

Une consolidation évoquée sur Lemoniteurdespharmacies.fr dans un article en date du 3 mars.

« C’est une chose que j’ai mis en suspens. Mediprix l’a compris très simplement à partir du moment où il y a un nouveau manager [au sein de 1001Pharmacies.com] », évoque notre interlocuteur.

A moyen terme (« deux ou trois ans »), ce sujet d’un partenariat stratégique ou une alliance industrielle devrait revenir sur la table.

Mais l’objectif est de rester dans le domaine de la parapharmacie sans déborder sur la vente de produits pharmaceutiques (avec une législation plus contraignante au demeurant).

Focus donc sur le marché français en priorité (en sachant que des ventes cross-border sont déjà réalisées) mais en gardant un œil sur des opportunités en Europe si elles se présentent.

Petite curiosité en scrutant le bas de la page d’accueil du site 1001Pharmacies.com, on aperçoit un drapeau chinois. « Nous avons effectivement un partenaire en Chine, qui vend une partie des produits. Je réfléchis à l’intérêt de cette activité d’un point de vue stratégique », commente Julien Mazerolle.

Gare à la concurrence

La place de marché 1001Pharmacies.com a été pionnière dans son domaine de prédilection. Mais le concurrence s’est intensifiée avec des acteurs qui cherchent aussi à s’imposer comme Pharmasimple.

Cette société d’origine belge, qui vise le marché français,  a débarqué sur le marché libre d’Euronext pour trouver une source de financement par voie de la Bourse.

A la mi-2016, l’enseigne de grande distribution E.Leclerc avait également lancé son site de parapharmacie. Et il ne faut jamais perdre de vue les mouvements de la puissante marketplace d’Amazon…
 


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