Uber débauche à la NASA pour son projet de voitures volantes

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Pour porter son projet « Elevate » axé sur le transport aérien à la demande, Uber s’attache les services de Mark Moore, vétéran de la NASA.

À un an de la retraite, Mark Moore fait le grand saut… mais reste dans son domaine d’expertise ; en l’occurrence, la mobilité à la demande.

Depuis 2015, il était chargé des travaux sur cette thématique au sein du centre de recherches de la NASA à Langley, en Virginie.

Après plus de trente ans passés dans le giron de l’agence spatiale américaine, l’intéressé part écrire un nouveau chapitre chez Uber.

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Ce qui a officiellement retenu son attention ? La vision de l’entreprise californienne en matière de transport civil aérien.

L’initiative « Elevate » qu’elle a lancée dans ce sens s’est traduite par la publication, en octobre dernier, d’un livre blanc – document PDF, 98 pages.

Mark Moore y est cité à plusieurs reprises pour ses travaux sur les VTOL (aéronefs à décollage et atterrissage verticaux ; prononcer « vitol ») à énergie électrique.

Il poursuivra, en tant que directeur de l’ingénierie pour l’entité Uber Elevate, cette réflexion sur plusieurs axes : défis techniques, enjeux environnementaux, sécurité des passagers, certification des véhicules, adaptation de la réglementation…

Se couper des routes

En toile de fond, la question de la faisabilité économique d’un tel mode de transport. Mark Moore affirme, étude NASA à l’appui, qu’à terme, les coûts pourraient être inférieurs à ceux des courses Uber « traditionnelles », tout en diminuant significativement les temps de trajet.

Du côté d’Uber, on aborde la question sous l’angle de la collaboration avec les constructeurs, les régulateurs et les collectivités. Référence est faite, dans le livre blanc, aux métropoles de Sydney et de Los Angeles, dont les résidents passent en moyenne 7 semaines par an à se déplacer pour motifs professionnels.

La vision d’Uber implique des aéronefs capables de parcourir 50 à 100 miles sur une charge et qui puissent un jour être dotés de la conduite autonome. Les toits des immeubles et les étendues agricoles pourraient être exploités comme des stations (les « vertiports ») où serait intégré de quoi recharger les batteries.

Le transport par voie aérienne permettrait d’acheminer les voyageurs au plus près de leur destination, sans dépendre des infrastructures routières et de l’allongement des temps de trajet dû à la mutualisation des itinéraires.

Déplorant que la NASA « laisse aux acteurs privés ces nouveaux segments prometteurs de l’aviation », Mark Moore considère que des expérimentations pourront être mises en place dans un horizon d’un à trois ans.

On surveillera, en parallèle, le projet Vahana d’Airbus, mais aussi les avancées des start-up Zee.aero et Kitty Hawk, dans lesquelles Larry Page, cofondateur de Google, a investi personnellement.


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