2001 : une année en demi-teinte pour Apple ?

Mobilité

De janvier à décembre 2001, les observateurs de la Pomme se sont inquiétés de son manque d’innovation. Aujourd’hui, l’année 2001 – qui apparaît comme une mauvaise année pour l’informatique – est placée sous le sceau de la transition pour Apple, au grand dam de ses aficionados. Retour sur douze mois d’attente.

De janvier à décembre, pour Apple, l’année a connu son lot de nouveautés et d’inconvénients marquant une année difficile, plutôt de transition :

En janvier, en même temps qu’elle présentait les premiers comptes déficitaires depuis le retour de Steve Jobs aux commandes (195 millions de dollars), elle posait les fondations de son retour en grâce. Le G4 Titanium est présenté en même temps qu’iTunes. Tous les deux connaissent un succès immédiat. Portables et musique seront ses vaches à lait en 2001. En février, Apple rattrape son retard en matière de graveur de CD, qu’elle n’avait toujours pas introduit dans son iMac, plus d’un an après ses concurrents. Erreur marketing : Steve Jobs avait parié sur la vidéo qui prend moins vite que la musique. La firme tente l’introduction d’une technologie de motifs coulés dans le plastique de l’iMac, idée qui fait long feu. En mars, présentation de Mac OS X en catimini. Meilleure que la bêta d’évaluation publique, cette version zéro est lente, boguée et limitative : peu de logiciels lui préexistent. En mars, le futur est donc là, très prometteur, même s’il n’apparaît ni brillant ni rapide !

Le mois d’avril est l’occasion d’annoncer le cinq millionième iMac vendu en même temps qu’un retour aux bénéfices trimestriels. Parallèlement, la firme lance QuickTime 5 qui sera la version supportant le format MPEG-4 qui en est issu. En mai, Apple surprend en lançant un iBook à moins de 17 000 francs pour sa version combo et moins de 12 000 francs en entrée de gamme (contre 13 000 un mois avant). Deuxième surprise à la mi-mai : le lancement d’une chaîne de magasins, annoncé par la rumeur. Les analystes sont sceptiques car Gateway ferme des boutiques dans le même temps. En juin, Apple lance Mac OS X serveur. Ce logiciel serait une bombe selon ses premiers utilisateurs? si de vrais ordinateurs serveurs frappés de la Pomme le faisaient tourner. Ils n’existent toujours pas. La firme redevient la vedette du secteur de l’éducation américain avec 28 000 iBook vendus en une seule commande. Les rumeurs d’un changement de la gamme iMac se succèdent, mettant en place les fondements d’une grande déception pour Mac World New York le mois suivant.

Juillet : l’exposition MacWorld restera dans les mémoires comme étant la première où les aficionados du Mac demandent à être remboursés pour leur déplacement à New York ! La keynote de Jobs les a déçus : pas de nouveauté tonitruante. L’iMac à écran plat est renvoyé aux calendes grecques, tandis que l’amélioration de Mac OS X est annoncée pour l’automne. Le retrait du G4 Cube des linéaires souligne cette désillusion. Au chapitre de la vitesse, le PowerMac n’atteint même pas les 900 MHz, quand Intel en est déjà à 1,8 GHz ! Difficile à comprendre pour les clients ! Il s’agit du mythe du mégahertz, soutenu aussi par AMD. En août, FireWire gagne un Emmy Award après avoir été introduit dans l’automobile. Les versions à venir doivent être deux fois plus rapides et utiliser les ondes hertziennes. En septembre, coup de théatre : dans la tourmente créée par les événements du 11 septembre, Apple annule l’Apple Expo ! Une première. Les participants dénoncent le manque d’annonces prévues pour cette annulation impromptue. La version 10.1 de Mac OS X sort ses griffes. Le futur a meilleure allure, mais beaucoup des fonctionnalités de Mac OS 9.x lui manquent. On attend déjà 10.2 avec angoisse.

En octobre nouveau coup de théatre : l’iPod apparaît. Naissance d’un vrai lecteur MP3. Ses technologies ont un coût, trop élevé diront certains. La firme termine son année fiscale dans le rouge. 25 millions de dollars, une goutte d’eau qui fait figure d’effet de comptabilité. Mais les présentations fiscales font aussi partie des armes de communication. Fred Anderson, le directeur financier de la firme, a depuis été gratifié d’un bonus qui tend à le prouver, malgré le déficit. Au mois de novembre, Apple présente la suite Office v.X de Microsoft comme l’archétype de l’application pour Mac OS X. Kevin Browne entame un tour du monde pour présenter l’enfant prodigue. Au même moment, une décision de justice contre Microsoft menace d’ébranler la position d’Apple sur le marché de l’éducation. Décembre voit la renaissance d’une rumeur portant sur un assistant numérique frappé de la Pomme, bien que la firme ait à nouveau dénié vouloir s’introduire sur ce marché. Connectix comble à nouveau les lacunes de la compatibilité Mac avec son fameux Virtual PC. Les gammes de portables d’Apple sont renouvelées. Sa profitabilité sur l’année tient avant tout à la réussite de son iBook et de son PowerBook Titanium, de véritables succès commerciaux.

Mac OS X, emblème d’une année de transition

L’année 2001 peut véritablement être considérée comme une année de transition pour la Pomme : ses machines bloquées à moins de 1 GHz, la firme a incroyablement souffert par cette limitation de vitesse. De fait, Mac OS X apparaît comme l’emblème d’une année de transition. Les efforts d’Apple se seront essentiellement portés sur le soutien massif à son nouveau système d’exploitation et sur l’ouverture d’un circuit commercial américain qu’elle détient en propre. Mais sur les trois thèmes les plus reprochés à la firme (compatibilité, mythe du mégahertz et prix), tout reste à faire. En 2002 ?


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