3DOSX : Aqua en 3D

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Un Finder en 3D, c’est ce que propose 3DOSX. De quoi rajeunir l’interface du Mac. Même s’il se révèle peu pratique, le logiciel donne un aperçu du travail des ingénieurs concernant l’interface homme-machine.

Présenté à l’université de l’Illinois à l’Urbana-Champaign Engineering Open House le 8 mars 2002, 3DOSX est un projet d’étudiants qui a décroché la seconde place d’une compétition de design. Il s’agit du système de gestion de fichiers de Mac OS X, mais en trois dimensions. Prenant appui sur les technologies internes du système, l’application permet de pénétrer dans l’arborescence des répertoires d’un Mac par le biais de plateaux/répertoires. Cette représentation graphique est installée dans un environnement de fond de piscine, une référence à son interface inspiratrice Aqua. Une impression apnéique qui oppressera sans doute certains et réjouira les fanatiques du Grand Bleu. Au fond, on distingue même les lignes noires caractéristiques des piscines olympiques. Le problème, c’est que pour ce qui est de l’utilisation, on nage. Chaque volume ou dossier ouvert donne accès à son contenu dans un mouvement de remontée vers la surface qui n’est jamais atteinte ! Le système permet différentes actions de Finder comme de couper, copier, coller, nommer, créer de nouveaux dossiers ou d’éjecter des volumes. Plus l’arborescence est importante, plus le système a du mal à naviguer entre les plateaux.

Ainsi que l’indiquent ses auteurs, “3DOSX a été développé en utilisant des routines en Cocoa et en Carbon, pour obtenir l’accès au système de fichiers, et en OpenGL pour la représentation.” L’effet est surprenant et amusant, mais de l’aveu même de ses concepteurs, beaucoup de choses restent à faire : “Bien qu’il y ait encore de la route avant que 3DOSX devienne aussi rapide et propre que le Finder actuel en termes d’efficacité de travail, nous pensons que l’expérience utilisateur permettra avec le temps d’atteindre une meilleure façon d’interagir avec les fichiers.” Il ne s’agit pas en soi d’une révolution : depuis le PARC de Xerox, les chercheurs du monde entier se penchent sur la question de l’interaction homme-machine. Si Apple a introduit le concept de façon massive au début des années 80, Microsoft lui a emboîté le pas par la suite. L’idée couramment admise est que l’élève Microsoft a rattrapé le maître Apple en termes d’interface. “Microsoft n’est pas en train de rattraper Apple, et il y a une différence de poids entre Windows XP et Mac OS X, en comparaison de la différence entre Windows 95 et Mac OS 7”, prévient Phil Schiller, le responsable mondial du marketing produit d’Apple. Mais d’autres voix s’élèvent pour fustiger le conservatisme d’Apple, comme Jef Raskin (voir édition du 23 janvier 2002), l’inventeur de l’interface graphique du Mac, aujourd’hui défenseur d’une “interface humaine” de l’ordinateur.

Meilleur atout d’une interface, se faire oublier ?

Pour Raskin, “pour qu’une interface soit ‘humaine’, il faut qu’elle soit facile à apprendre, et qu’elle devienne automatique à utiliser sans interférer dans son apprentissage ou l’utilisation habituelle de fonctionnalités. Le courant actuel de raccourcis clavier difficiles à apprendre et de choix de menus difficiles à automatiser est une faillite sur ces deux enjeux”. Les menus adaptatifs par exemple, qui changent en fonction de la façon d’utiliser l’ordinateur, ne permettent pas de prendre des habitudes de travail et sont contre-productifs. Et Jef Raskin de proposer depuis des années de revoir de fond en comble l’interface, pour faciliter encore plus l’utilisation de l’ordinateur et le rendre encore plus productif. L’enjeu est d’obliger l’ordinateur à amener son utilisateur à prendre en considération un objet ou une situation qui nécessite son attention. Mais Raskin lui-même est souvent remis en cause par d’autres experts, voire par la communauté des aficionados du Mac, comme au cours d’une récente table ronde sur l’avenir du Mac (voir édition du 14 août 2001). Et il n’est pas le seul à travailler sur la question de l’interface : Microsoft le fait également, de même que quelques laboratoires de recherche universitaire qui avancent à grands pas vers un autre concept tout aussi novateur que la première interface graphique : la réalité augmentée. De là à savoir si une représentation graphique en 3D est préférable à toute autre, la question reste ouverte, mais 3DOSX permet de se faire une première idée de ce que pourrait être le Finder de l’avenir.


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