4G : Free cherche les meilleurs leviers, quitte à titiller ses concurrents

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Dans les coulisses réseaux, Free Mobile accélère la cadence dans la 4G. Malgré une moindre couverture, il nargue ses concurrents.

Que ce soit pour l’infrastructure, la couverture réseau ou les offres, Free cherche les meilleurs leviers pour avancer dans la 4G.

Un différend tarifaire exposé devant l’ARCEP montre une facette méconnue.

Le groupe Iliad-Free se montre déterminé à pratiquer le dégroupage intensif de la boucle locale de cuivre pour les communications fixes. Mais il compte bien capitaliser dessus pour favoriser Free Mobile et élargir la couverture 4G.

Preuve de sa tenacité : le groupe de Xavier Niel vient d’obtenir auprès de l’ARCEP un règlement en sa faveur. Il compte s’appuyer sur des équipements actifs au sein des NRA et NRO d’Orange pour raccorder ses sites mobiles.

Pour monter en débit dans le chaînon de la collecte, il s’est engagé dans un processus de remplacement des paires de cuivre louées à Orange par de la fibre optique.

Mais Free a contesté devant l’ARCEP la (sur)tarification établie par Orange pour acheminer des flux issus des sites mobiles des opérateurs alternatifs raccordés en fibre optique.

En fait, le différend portait sur deux points d’achoppement : tarifs des prestations d’hébergement des équipements de Free au sein des NRA et NRO d’Orange et de collecte.

En prenant en compte la convergence des réseaux fixe et mobile, le régulateur des télécoms a estimé que, dans les deux cas, Orange ne pouvait réclamer des paliers plus élevés de tarifs pour ce nouvel usage favorisant le très haut débit mobile.

Parallèlement, Free poursuit la construction effrénée de son réseau mobile avec 197 nouvelles activations sur le mois d’août, selon un pointage effectué par l’Agence nationale des fréquences.

Rappelons que l’opérateur s’est engagé à déployer plus de 1500 sites en 2015. Désormais, sur le territoire métropolitain, l’opérateur affiche 4455 sites 4G sont désormais en service sur 6541 (source ANFR).

A noter que, dans la bande des 1800 MHz, Free Mobile a initié son déploiement le mois dernier. « Ces stations ne pourront être mises en service qu’à partir du 25 mai 2016, conformément aux décisions de l’ARCEP », précise l’ANFR.

Pour la rentrée, Free communique sur une couverture de 50% de la population en 4G (60% attendus d’ici la fin de l’année). Un niveau en-dessous des concurrents : SFR est à 58% alors qu’Orange ou Bouygues Telecom flirte avec les 70%.

Mais Free Mobile n’a pas de quoi rougir en tant que « nouvel entrant » (trois ans d’activité au compteur). L’obstacle réseau ne constitue pas vraiment un frein commercial.

50 Go : la surprise de Free Mobile pour la rentrée

En présentant ses résultats semestriels, Iliad-Free indique disposer d’une base de données de 11 millions d’abonnés mobiles.

L’opérateur réalise 40% de son chiffre d’affaires avec son offre mobile (880 millions d’euros, +18% par rapport à la même période l’année précédente).

Une proportion d’environ 20% utilise régulièrement la 4G (2,4 millions d’utilisateurs, avec une consommation moyenne par utilisateur de 2,2 Go) et l’opérateur peut compter sur l’accord d’itinérance 2G-3G signé avec Orange pour assurer un certain niveau de qualité (mais qui arrive à échéance).

Le groupe de Xavier Niel se permet même de narguer ses concurrents en augmentant le plafond de consommation de son forfait 4G qui passe de 20 Go à 50 Go…sans changer le prix (19,99 euros par mois pour un client normal et 15,99 euros pour un abonné Freebox).

Mais attention en cas de bascule 3G, le seuil reste limité à 20 Go par mois (au-delà, le débit est réduit). Il est toujours utile de lire attentivement les conditions d’usage des offres au-delà des annonces tonitruantes des opérateurs.


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