6 millions d’internautes français convertis au haut débit

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Selon les statistiques de l’ART, la France devrait compter plus d’abonnés en haut débit qu’en RTC d’ici la fin de l’année. Quant au dégroupage, il s’est enraciné dans le paysage télécoms.

Sur les 11 millions d’abonnements Internet comptabilisés en France au 30 juin 2004 (dont près de 8 millions de foyers, soit 23 millions de personnes), 5 millions disposent d’un accès haut débit, ce qui représente 45 % des connexions Internet. Au rythme d’environ 500 000 nouveaux abonnés chaque trimestre, ce chiffre devrait atteindre les 6 millions à la fin de l’année, soit plus de la moitié des abonnements. Sur les six premiers mois de l’année, le haut débit a enregistré près de 1,4 million de nouveaux abonnements (près de 38 % d’augmentation), en partie au détriment des accès RTC (bas débit) qui ont perdu plus de 800 000 comptes. L’ADSL représente 92 % des lignes haut débit alors que le câble, bien qu’en légère progression, ne compte que 425 000 abonnés. Avec un chiffre d’affaires de 458 millions d’euros au 30 juin, le haut débit totalise plus de 69 % des 659 millions d’euros générés par le secteur de l’accès Internet.

Cette explosion de l’ADSL s’explique par “une corrélation forte entre le taux du haut débit et la concurrence”, estime Dominique Roux, membre du collège de l’Autorité de régulation des télécoms (ART) qui faisait aujourd’hui le point sur le haut débit en France. “Plus il y a de concurrence, plus le marché se développe”, résume le représentant de l’Autorité. Un marché qui se développe à travers le dégroupage : avec plus d’un million de lignes dégroupées au 1er octobre 2004 (dont 54 421 en dégroupage total), la France se place au deuxième rang européen en nombre de paires de cuivre partiellement, ou totalement, prises en charge par un opérateur alternatif. Situés dans toutes les grandes villes et une partie des villes intermédiaires, les 808 répartiteurs des “dégroupeurs” permettent à 50 % de la population (et 45 % des entreprises) d’accéder à Internet via une offre alternative. Mais treize départements (Lot, Gers, Hautes-Alpes…) ne sont toujours pas concernés. Pour l’heure, le dégroupage ne représente que 20 % de l’ensemble des lignes ADSL. Avec 6 000 répartiteurs équipés pour l’ADSL (sur 12 000 au total), France Télécom annonce couvrir 90 % de la population pour la fin de l’année et vise les 96 % pour 2007.

Le dégroupage, facteur de développement de l’ADSL

La concurrence et le dégroupage qui en résulte jouent également sur les tarifs des offres résidentielles : en deux ans, ils ont quasiment été divisés par deux. En 2002, les offres 512 Kbit/s étaient commercialisées entre 30 et 45 euros par mois ; en 2004, les premiers prix se situent à moins de 20 euros. Même phénomène avec les accès à 1 Mbit/s qui s’étalaient de 40 à 85 euros en 2002 contre 20 à 45 euros aujourd’hui. Et les débits n’ont cessé d’augmenter avec des offres à plus de 5 Mbit/s proposées depuis quelques mois sur le marché. Le dégroupage est également à l’origine des offres tripleplay (Internet, téléphonie IP et télévision), qui devraient se multiplier avec le dégroupage total, dans le cadre duquel l’abonné n’a plus aucun lien contractuel avec France Télécom au profit de l’opérateur alternatif.

L’explosion du haut débit devrait se poursuivre à travers l’émergence de nouvelles technologies. En début de semaine, l’ART a donné un avis favorable au lancement de l’ADSL 2+ par France Télécom. Cette technologie, qui permettra de dépasser les limites actuelles de l’ADSL en proposant 10 Mbit/s en réception et 1 Mbit/s en émission, devrait être déployée dès 2005 (voir édition du 11 octobre 2004). Mais l’ADSL 2+ ne fera qu’augmenter les débits sans élargir les zones d’éligibilité, limitées à une distance de 4 kilomètres environ entre le domicile de l’abonné et le répartiteur. Cependant, l’exploitation des sous-répartiteurs (les “armoires” France Télécom présentes notamment au pied des immeubles) permettra d’augmenter la capillarité du réseau DSL. Quant au Re-ADSL (Rich Extended ADSL), en cours d’expérimentation, il permettra de porter la distance d’éligibilité à 8 km du répartiteur. Ces technologies seront complétées par de nombreuses autres dont le courant porteur en ligne (CPL), le Wimax (Wi-Fi très haut débit) ou encore le satellite.


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