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Actualité

telegrammes jour 10

A quand des ordinateurs sans Windows?

Dans une lettre ouverte aux autorités, plusieurs associations de l’univers du logiciel libre s’inquiètent des pratiques qui lient le système d’exploitation à l’ordinateur aux dépens du consommateur.

« Durant votre enquête concernant l’abus de position dominante de l’éditeur de logiciels Microsoft, nous nous étonnons fortement que vous n’ayez pas abordé la question stratégique de la vente liée. » L’AFUL (Association Francophone des Utilisateurs de Linux), l’AEL (Association Electronique Libre) et l’APRIL (Association pour la promotion et la recherche en informatique libre), trois associations issues de l’univers du logiciel libre, ont adressé une lettre ouverte à, notamment, Mario Monti, commissaire à la direction générale de la concurrence, et à Frits Bolkestein, commissaire au marché intérieur, pour s’étonner de l’absence de mise en lumière de certaines pratiques commerciales de Microsoft dans le cadre de l’enquête menée à l’encontre de l’éditeur accusé d’abus de position dominantes sur le marché européen.

Les associations s’étonnent notamment que la Commission européenne « n’ait pas fait réaliser d’étude pour savoir quelles étaient les causes principales de la position dominante de cet éditeur sur le marché des systèmes d’exploitation propriétaires pour micro-ordinateurs ». Autrement dit, la position dominante de Microsoft s’explique en partie par le fait que son système d’exploitation est obligatoirement livré avec l’ordinateur. S’il est vrai que la licence prévoit des dispositions pour renvoyer Windows au constructeur afin de se faire rembourser, dans les faits, les démarches à entreprendre sont décourageantes. « Le fait qu’un logiciel propriétaire soit pré-installé pour des raisons de commodité ne doit pas léser les personnes qui ne souhaitent pas utiliser ce logiciel, en les faisant d’abord payer, et en les obligeant ensuite à des démarches longues pour un remboursement aléatoire et le plus souvent dérisoire par rapport au coût estimé de la licence ?M ! », écrivent les responsables des associations dans la lettre.


Windows vaut 130 euros

Coût d’autant plus difficile à estimer qu’ils ne sont jamais clairement indiqués dans la facture de l’ordinateur. « Nous nous étonnons que dans cette partie du marché, c’est-à-dire celle des ordinateurs pré-installés avec des logiciels ?M, la plupart des consommateurs n’arrivent pas à obtenir auprès des vendeurs les prix de ces logiciels ?M. » Un coût estimé à 130 euros (ou dollars) selon les recoupements que l’on peut effectuer auprès d’un revendeur comme Wal-Mart qui proposent des PC avec Windows, avec des distributions Linux (Lindows notamment) et sans rien. Un tarif en tout cas bien inférieur aux 700 euros supplémentaires réclamés par Dell pour la désinstallation de Windows sur une machine de bureau. Car s’il est possible de monter (ou faire monter) un PC sans OS, c’est quasiment chose impossible à obtenir des constructeurs comme Dell, HP ou Compaq. C’est d’autant plus scandaleux que, dans le cas de Dell notamment, le constructeur accorde une réduction d’environ 70 euros en cas de retrait du système d’exploitation dans le cadre de commandes groupées. Donc, réservées aux entreprises.

« C’est tellement énorme que je ne comprends pas que cette pratique soit encore en vigueur », s’inquiète Alain Coulais de l’Aful. « A ce jour, rien dans le matériel rendu disponible par la commission d’enquête ne permet d’affirmer que ce problème a été pris en compte dans l’affaire », ajoute le porte-parole pour qui « il s’agit plus d’un jeu entre les grandes entreprises plaignantes qu’un soucis de laisser un choix au consommateur grand public ». Selon lui, si cette pratique se justifiait il y a quatre ans au début de l’enquête sur les méthodes de Microsoft, ce n’est plus le cas aujourd’hui. « Linux est tellement mûr que l’argument qui consiste à dire que lier l’OS au matériel pour offrir des machines moins cher ne tient pas », estime Alain Coulais. Datée du 20 mars, la lettre ne vise évidemment pas à influencer la teneur des sanctions que prendra Bruxelles à l’encontre de Microsoft et qui doit rendre son verdict le 24 mars prochain. Mais à attirer l’attention sur une pratique de moins en moins acceptable.

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