A quand le PowerBook G5 ?

Mobilité

Après la commercialisation du nouveau PowerBook G4, le message pour les aficionados est clair : le PowerPC 970 n’entrera dans les portables, au mieux, qu’avec la prochaine génération. Que demande donc au constructeur californien la conception d’un portable 64 bits ?

Sur Internet, c’est la foire d’empoigne chez les fans du Mac depuis janvier 2003 : selon les plus optimistes, les portables d’Apple devraient adopter le G5 dès l’été prochain ! Trop optimiste au goût des autres, qui s’attendent à un nouveau PowerBook G4. L’AlBook 15 pouces lancé lors d’Apple Expo a ravivé les espoirs. Mais les considérations technologiques (et notamment les coûts de développement engendrés par l’introduction d’un nouveau boîtier) militent maintenant pour sa présence au catalogue pendant plusieurs mois, voire quelques génération de machines : si les AlBook 12, 15 et 17 pouces sont mis à jour avant fin 2004, ce sera très certainement avec un processeur G4. Steve Jobs, qui a déclaré 2003 “année des portables” (voir édition du 11 juillet 2003), a confié à nos confrères espagnols de 5Dias que sa firme “travaillait sur un PowerBook G5 et espérait l’introduire pour la fin de l’année 2004”. Mais Jon Rubinstein a également admis auprès de MacWorld UK que la conception d’un tel portable nécessitait un gros travail d’ingénierie.

Consommation et dissipation thermique

La liste des points à régler est relativement longue. Le PowerBook G5 nécessite d’abord la maîtrise de la consommation du PowerPC 970 (ou d’une version remaniée) qui devra y être intégré, ainsi que la mise au point de sa dissipation thermique. L’AlBook est même déjà décrié par certains utilisateurs qui le trouvent trop chaud. Notre expérience ne reflète pas la leur : en utilisation bureautique basique, le nouveau PowerBook n’a rien à envier au Titanium. Mais avec le G5, l’augmentation de température risque d’être beaucoup plus forte, et pas seulement à cause du processeur : le contrôleur système, qu’Apple va devoir développer spécifiquement pour ses portables, devra lui aussi être refroidi. La taille du bus frontal (entre 800 et 1 000 MHz sur le PowerMac G5) et l’utilisation d’HyperTransport (voir édition du 4 juillet 2003) contribuent aussi à augmenter la chaleur dans le boîtier.

Le constructeur californien devra ainsi recourir à différents procédés de refroidissement, liquide ou par échanges gazeux selon AppleInsider. L’utilisation de telles technologies nécessitera l’emploi d’un châssis de portable disposant de beaucoup d’espace. Il est déjà question d’introduire le G5 dans un portable 17 pouces avant qu’il puisse être embarqué dans des machines plus petites. C’est d’ailleurs la voie qui avait été suivie pour l’introduction du G4 : si les vénérables PowerBook G3 disposaient d’écrans 14 pouces, le TiBook, bien que plus fin, a tout de suite bénéficié d’un écran 15 pouces. La commercialisation du PowerBook 12 pouces n’a débuté que deux ans après l’introduction du premier TiBook !

Problème de mémoire

Mais les freins technologiques ne se limitent pas à cela : le PowerBook G5 devra également intégrer les connecteurs permettant d’accroître la mémoire vive pour bénéficier réellement des apports du processeur. Si le PowerMac propose aujourd’hui jusqu’à 8 Go de Ram, le PowerBook G5 devrait théoriquement faire de même. Et cette mémoire-là s’ajoute par paires sur les G5 ! Aujourd’hui encore, les portables d’Apple ne proposent que 2 Go de Ram au maximum, sur deux connecteurs, la taille des barrettes de mémoire ne dépassant pas 1 Go ! Comment alors ajouter six connecteurs ad hoc tout en offrant les mêmes fonctionnalités que les actuels PowerBook ? La question de la batterie posera aussi problème : avec 4h30 d’autonomie actuellement (réduite à 2h30 quand les applications font de nombreux accès disques), le PowerBook G4 s’avère relativement économe. La consommation du G5 devrait faire chuter l’autonomie réputée des portables à la Pomme. Autant dire que les équipes d’ingénieurs ne devront pas chômer pour coller au calendrier envisagé par Steve Jobs. Ces contraintes techniques risquent aussi de coûter cher et d’alourdir la facture présentée aux clients. Apple pourra-t-elle se le permettre alors que les premiers portables 64 bits tarifés à 3 500 euros (voir édition du 7 août 2003) sont déjà commercialisés ?


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