Acrobat 6 part à la conquête des entreprises

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Avec Acrobat 6, Adobe vient de fondre son format PDF avec le XML. La firme a signé des accords pour le faire entrer en force dans l’entreprise comme outil privilégié des flux de production. Les créatifs ne sont pas mis de côté pour autant.

Alors que le format PDF se présente comme l’un des plus populaires sur la Toile et dans les ateliers des créatifs ou du prépresse, Adobe passe à la vitesse supérieure en s’attaquant aux flux collaboratifs dans les entreprises. Acrobat 6, qui sera disponible courant mai 2003, se déclinera désormais en quatre versions : Pro pour les créatifs, Standard pour l’entreprise, Elements comme outil de conversion ciblé grands comptes et Adobe Reader 6, remplaçant d’Acrobat Reader. Cette gamme en dit long sur les ambitions d’Adobe auprès de tous ces marchés. Le nouveau format PDF, maintenant en version 1.5, assure une meilleure compression des données – Adobe l’appelle “optimisation de flux d’objets”. Et l’intégration du XML ouvre le PDF sur le monde extérieur, des serveurs centraux aux téléphones portables et plus spécifiquement, aux yeux d’Adobe, sur l’entreprise. Le siège des grands comptes est désormais lancé et s’étend peu ou prou aux PME-PMI. L’idée en arrière-plan est relativement simple : les entreprises utilisent les différents formats de leur suite bureautique, qui ont l’indélicatesse de coûter cher, d’être peu sûrs, voire peu fiables et non homogènes. Autant dire que les coûts de production de documentation (interne ou externe aux sociétés) est grevé par l’hétérogénéité des données, des environnements et des processus de fabrication desdits documents au travers de ce qu’on appelle aujourd’hui l’entreprise étendue, qui va de la société à ses clients et à ses sous-traitants.

Adobe cherche l’intégration totale de ces données éparses dans un seul format, le sien, que la firme voudrait bien voir hisser au rang de standard. En utilisant XML et PDF, en signant des partenariats avec IBM, Documentum et ACCESS, Adobe semble bien avoir les moyens de réaliser cette quadrature du cercle ! En fait, pour prendre l’exemple de la collaboration entre Adobe et IBM, il s’agit de stocker les documents PDF créés par le serveur de formulaires d’Adobe dans la base de données DB2 d’IBM pour faciliter leur gestion et leur utilisation (voir édition du 6 février 2003). Avec Documentum, Acrobat entend proposer un serveur de formulaires pour les secteurs fortement liés à la réglementation en vigueur, comme les services financiers, la production ou le secteur pharmaceutique (voir édition du 27 janvier 2003). Avec ACCESS, il s’agit d’utiliser son produit NetFront pour que les documents au format PDF soient accessibles depuis un téléphone cellulaire ou un PDA. Le flux collaboratif autour des documents PDF a lui aussi été revu : il est désormais possible de créer un fichier assemblant plusieurs documents issus d’Excel, de Word ou de PowerPoint et de le faire parvenir à l’ensemble des collaborateurs qui doivent commenter la synthèse ainsi générée. Autant dire qu’avec ce type de consolidation, Adobe vise le coeur de métier de Microsoft : la bureautique. Avec sa solution, le déploiement de tous les outils de l’éditeur sur tous les postes de travail n’est plus vraiment nécessaire. Le PDF annoté permettra à son auteur toutes les corrections nécessaires dans les documents originaux : plus de suivi de versions nécessaire, toutes les annotations sont rassemblées dans le document originel. Pour exemple : les commentaires ajoutés à un fichier PDF peuvent être automatiquement intégrés dans le document Word initial. Du gâteau !

Des outils pour les créatifs

Malgré son regain d’intérêt pour l’entreprise, Adobe reste fidèle aux métiers techniques : la version professionnelle d’Acrobat 6 est destinée autant aux ingénieurs qu’aux créatifs. Pour les ingénieurs, le support d’AutoCAD, de Project ou de Visio et des grands formats ARCH, ISO, JIS et ANSI facilite la création de documents PDF à partir de leurs projets de CAO (conception assistée par ordinateur). Pour les créatifs, des outils de préflashage et de prévisualisation permettent d’examiner les documents et d’assurer une sortie adéquate. La recompression des images et l’élimination des polices de caractères inutilisées réduisent l’embonpoint des fichiers. “De la création à la diffusion sécurisée des fichiers Adobe PDF, jusqu’aux fonctions avancées de préflashage et de prévisualisation de documents, les créatifs ont maintenant la possibilité de travailler électroniquement en toute fiabilité avec leurs collègues, leurs clients et leurs fournisseurs”, souligne Robert Raiola, le directeur marketing d’Adobe Systems Europe. Le nouvel Acrobat a quand même ses propres limitations : Mac OS sera privé d’Acrobat Elements. La raison : cette version est vendue uniquement aux entreprises avec un minimum de 1 000 licences. “On trouve peu de parcs composés de 1 000 Mac”, plaide Robert Raiola. “Nous voulons d’abord toucher les grands parcs d’entreprises”.


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