Adobe avale Macromedia

Mobilité

A la fois complémentaires et concurrents dans leurs activités et produits, les deux éditeurs n’en formeront bientôt plus qu’un. Pour le bien du marché?

Adobe Systems Incorporated vient d’officialiser l’acquisition de Macromedia pour 3,4 milliards de dollars environ. L’opération s’effectuera par échange d’actions. Les détenteurs de parts Macromedia recevront l’équivalent de 0,69 action d’Adobe. Soit un peu moins de 42 dollars au 15 avril dernier. Au final, les actionnaires de Macromedia détiendront environ 18 % de la nouvelle entité. Laquelle conservera le nom d’Adobe et sera dirigée par l’actuel patron de la société Bruce Chizen tandis que Shantanu Narayen conservera la présidence.

Créé en 1982, Adobe emploie 3 700 personnes dans 26 pays et a généré un chiffre d’affaire de 1,3 milliard de dollars pour un bénéfice de 266 millions de dollars en 2003. Photoshop (et ses dérivés grand public Photoshop Element et Photoshop Album), Illustrator, Premiere, InDesign, GoLive, et surtout le format PDF, sans oublier nombre de polices PostScript, sont les produits phares de l’éditeur qui recense plus de 40 références à son catalogue.

Que reste-t-il à GoLive face à Dreamweaver?

Fondée en 1984, Macromind (souvenez-vous de Director) adoptera le nom de Macromedia en 1992 après avoir racheté Paracomp (spécialisé dans les images de synthèse avec Swivel 3D) et Authorware (spécialiste du multimédia éducatif). Allaire (ColdFusion, HomeSite, JRun…) viendra se greffer à l’ensemble dont la notoriété explosera avec le Web et l’arrivée des outils Dreamweaver (création de sites), Fireworks (traitement d’images pour le Web) et, surtout, le format Flash, léger et interactit, a bouleversé les contenus en ligne et s’imposera comme un standard. Macromedia emploie 1 450 personnes dans le monde et a généré 41,5 millions de profits pour un chiffre d’affaires légèrement inférieur à 370 millions de dollars en 2004.

Historiquement, Adobe affiche donc un profil plutôt orienté autour du print tandis que Macromedia s’est dès le départ spécialisé sur les nouveaux contenus (CD-Rom, Web, etc.). Si, sur nombre de produits, les deux entités se complètent, les questions portent sur l’avenir de d’applications communes. Quelle place reste-t-il à Fireworks face à Photoshop? GoLive face à Dreamweaver? FreeHand face à Illustrator? Quand au format vectoriel SVG (scalable vector graphics), son intégration au sein des travaux du W3C le préserve pour le moment d’une disparition prématurée. Mais il est de peu de poids face à Flash.

Une seule marque pour tous les produits

Les produits en cours de développement, dont une nouvelle version de Macromedia Studio MX, ne seront pas affectés dans un premier temps, annoncent les deux sociétés dans un communiqué commun. Les produits Macromedia seront cependant intégrés sous la marque Adobe. A l’avenir, la nouvelle société devrait définir une stratégie d’intégration et de développement communs afin de s’attaquer aux nouveaux marchés, dont celui du mobile (téléphones, PDA, baladeurs numériques…). Un marché que Macromedia avait anticipé à travers ses partenariats signés avec Nokia et Samsung.

Parmi les futurs applications, on imagine notamment le développement d’un seul lecteur commun aux formats PDF et Flash véritablement complémentaires l’un de l’autre. Il restera cependant à vérifier que la nouvelle entreprise ne constituera pas une espèce de monopole sur les marchés des outils de création de contenus numériques et papier. Auquel cas les utilisateurs risquent d’en faire les frais. Rappelons seulement que Photoshop règne sur 90 % des ordinateurs des professionnels de la création visuelle.


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