ADSL : Mangoosta assigne France Télécom en justice

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Pour contraindre France Télécom à remédier aux déconnexions qui frappent certains de ses abonnés, Mangoosta a assigné l’opérateur historique en justice. Une solution de dernier recours pour des ennuis qui ont débuté à la mi-décembre. France Télécom a jusqu’à mercredi 10 janvier pour s’exécuter, faute de quoi il devra verser 50 000 francs d’astreinte par jour.

Décidément, l’ADSL n’est pas simple. Alors que l’on découvre les limites du dégroupage pourtant entré en vigueur avec la nouvelle année (voir édition du 2 janvier 2001), voici que Mangoosta, le premier FAI proposant un forfait ADSL sans facture France Télécom (voir édition du 4 octobre 2000), assigne justement France Télécom en justice. Car pas de facture France Télécom pour les abonnés à Mangoosta, cela ne signifie pas pour autant aucun rapport entre les deux sociétés. Bien au contraire, la collaboration est de mise, elle est même indispensable. Or depuis la mi-décembre, certains abonnés à l’offre ADSL souffraient de déconnexions intempestives : “Toutes les 5 à 10 minutes dans les cas extrêmes, environ toutes les heures dans la majorité des cas concernés”, explique Pierre Goubet, qui gère les relations extérieures de Mangoosta.

Une amélioration rapidement obtenue“En fait le problème se situait au niveau des BAS [les serveurs d’accès haut débit, Ndlr] que nous installons sur les plaques de France Télécom” précise-t-il, “ils doivent dialoguer avec ceux de France Télécom, c’est une question d’interconnexion.” Et l’interconnexion n’est pas si simple, elle varie en fonction du type d’équipement utilisé. Quand le système n’est pas bien configuré, la sanction se traduit par des déconnexions. “Nous avons eu du mal à mobiliser France Télécom sur le sujet”, regrette Pierre Goubet, qui attribue cela en partie à la période de Noël. “Finalement nous avons décidé de les assigner en justice, c’est surtout symbolique.” Du côté de l’opérateur historique, la réponse est claire : “Pas de commentaire.” Une amélioration du service serait à noter, apparemment l’injonction prononcée le 5 janvier par le juge du tribunal de commerce de Paris de “supprimer, dans toute la mesure du possible, les déconnexions constatées à ce jour et ce sous un délais de 48 heures” a produit son effet. On doute que ce soient les 50 000 francs d’astreinte par jour en cas de non-respect qui aient fait peur à France Telecom.

“C’est l’inconvénient d’être pionnier,” sourit Pierre Goubet qui estime que connaître les ennuis techniques c’est savoir les résoudre, ensuite “c’est un capital”, se félicite-t-il avant de souhaiter “du plaisir à ceux qui suivront”. On le voit ici, même si les premières offres pointent leur nez, l’ADSL Plug and Play n’est pas encore pour demain.

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