Alain Crozier : quatre ans de transformations à la tête de Microsoft France

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Aux commandes de Microsoft France depuis quatre ans, Alain Crozier est appelé à d’autres fonctions au sein du groupe. Petite rétrospective.

À 55 ans, Alain Crozier prend du galon chez Microsoft.

Arrivé à la tête de la filiale française il y a quatre ans en remplacement d’Éric Boustouller (appelé à superviser la région Europe de l’Ouest avec le titre de vice-président corporate), il prend, en date du 1er juillet 2016, la direction des opérations de la firme en Chine, en qualité de P-DG.

Vahé Torossian*, vice-président corporate chargé des segments PME et des partenaires à l’échelle mondiale, assurera l’intérim. La succession définitive doit être annoncée « dans les mois à venir ».

Diplômé universitaire en mathématiques et en sciences sociales, également passé par l’Institut supérieur de gestion à Paris, Alain Crozier a occupé plusieurs postes stratégiques chez Microsoft, pour finalement tenir les finances de la société au niveau mondial.

Les années convergence

alain-crozierLes premiers mois de son mandat aux rênes de Microsoft France auront été marqués par le lancement commercial de Windows 8 – c’était le 26 octobre 2012. Parmi les dispositifs promotionnels mis en place pour l’occasion, on aura relevé celui dédié à la tablette Surface, première du nom, avec les Galeries Lafayette dans la boucle.

Un an plus tard, c’était l’arrivée de Windows 8.1. Bien avant l’ère Windows 10, on ne parlait pas encore de plate-forme unifiée, mais de « convergence », en l’occurrence avec Windows Phone 8.

On parlait aussi de cloud. Et pas qu’un peu, à l’instar de Julien Lesaicherre, qui supervise aujourd’hui Facebook at Work pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique). En février 2013, alors directeur marketing chargé de l’offre Windows Azure, il nous avait évoqué l’importance des PME dans cette stratégie.

Même topo l’année suivante avec Thierry Amarger. Fraîchement investi au poste de responsable « Mobile Devices » de Microsoft France après le rapprochement avec Nokia, l’intéressé affichait tout son optimisme dans le cadre du salon Mobility for Business.

Dans la pratique, la mobilité est un sujet délicat chez Microsoft. Même si la dimension smartphone est très présente dans certains contrats de référence comme celui signé avec l’Olympique lyonnais autour de son stade connecté.

Jean-Michel Aulas, le président du club, est aussi fondateur de Cegid, avec lequel Microsoft France a signé, en septembre 2014, un partenariat inédit sur une offre « full SaaS » baptisée « Microsoft Office 365 for Cegid ».

Les start-up et l’école

Pour Alain Crozier, l’une des premières alliances de poids remonte à septembre 2012, avec Bouygues Telecom Entreprises sur la location de machines virtuelles.

À l’époque, Microsoft était le premier éditeur de logiciels en France. Il le reste au dernier classement du cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC), avec un chiffre d’affaires 2014 qui dépasse les 2 milliards d’euros, contre 800 millions pour son dauphin SAP.

Il faut dire que l’Hexagone occupe une place particulière dans la stratégie de la firme à l’international. Notamment en matière de relations avec les start-up. Témoin l’ouverture, en juin 2013, de l’accélérateur Microsoft Ventures, inscrit dans le dispositif BizSpark, qui permet aux jeunes pousses de bénéficier gratuitement des technologies Microsoft.

Pascal Fite a été confirmé, en début d’année, à la tête de cette structure implantée dans le quartier parisien du Sentier, tandis que Diana Filippova était nommée « responsable des relations écosystème start-up ».

De passage dans la capitale en novembre dernier, Satya Nadella avait réaffirmé son attachement au réseau de start-up en France. Il avait annoncé un investissement de 70 millions d’euros sur trois ans pour la French Tech, en collaboration avec Bpifrance et les sociétés de capital-risque.

Le successeur de Steve Ballmer aux commandes de Microsoft avait aussi mentionné le secteur éducatif. Quelques semaines plus tard, une convention était signée avec l’Éducation nationale, dans le cadre du Plan numérique à l’École, dont François Hollande avait dévoilé les grandes lignes en mai 2015.

Les défenseurs du logiciel libre ont vivement critiqué cet accord par lequel Microsoft s’est engagé à investir 13 millions d’euros sur 18 mois pour accompagner et former les personnels de l’enseignement et les élèves : mise en place d’un écosystème cloud, d’un réseau social interne privé, de cours spécifiques sur l’apprentissage du code…

De Windows XP à Windows 10

Entre le démarrage de la Xbox One en novembre 2013 et celui, début 2015, de la Pépinière Azure, Microsoft France aura aussi, sous la présidence d’Alain Crozier, connu la vie de vie de Windows XP, sur laquelle le directeur technique Bernard Ourghanlian était revenu à plusieurs reprises pour ITespresso.fr.

Outre la fin de l’ère XP, il a fallu gérer l’après-Snowden… et évangéliser le cloud, encore et toujours, comme nous le rappelait Jérôme Trédan peu après avoir pris les fonctions de directeur des ventes et du marketing PME. Mais aussi travailler sur le réseau de distribution, entre autres à l’occasion du lancement, l’année passée avec Fiducial, d’un pack TPE-PME incluant Office 365 et une tablette Surface Pro 3.

En décembre dernier, lors de la Convergence EMEA, Alain Bernard, directeur de la division PME/PMI et Partenaires, avait fait le point sur l’activité de Microsoft France, avec un focus sur la transition vers Windows 10. Agnès Van de Walle, directrice de la division Windows et Surface, s’est livrée au même exercice plus récemment, avec une estimation : 50 % des entreprises en France auront complètement adopté le nouvel OS d’ici à fin 2017.

On attend un pointage officiel début octobre, dans le cadre de l’événement Microsoft Expériences, qui reprend le concept des TechDays sur un format plus court assorti d’un portail de contenus thématiques en ligne.

* Vahé Torossian avait rejoint la maison Microsoft en 1992, pour gérer la dimension marketing auprès du réseau de revendeurs en France. Il a ensuite géré plusieurs divisions en lien avec le grand public, le retail, les OEM et les PME. Jusqu’à prendre les fonctions de vice-président corporate pour la zone CEE (Europe centrale et de l’Est).


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