Alcatel-Lucent : un avenir sous pavillon Nokia Corporation

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L’OPE de Nokia sur Alcatel-Lucent devrait donner naissance à un « champion européen » des télécoms sous la bannière Nokia Corporation.

Les discussions entre Nokia et Alcatel-Lucent en étaient effectivement à un stade avancé lorsqu’elles ont été annoncées ce mardi : moins de 24 heures plus tard, les deux groupes officialisent leur intention de fusionner pour créer un « champion européen » des télécoms.

Approuvée par les deux conseils d’administration, l’opération pourrait être finalisée au 1er semestre 2016, sous la forme d’une offre publique d’échange en France et aux Etats-Unis pour l’ensemble des titres émis par Alcatel-Lucent.

Au ratio – ajustable – de 0,55 action Nokia pour une action Alcatel-Lucent, la transaction valoriserait l’équipementier franco-américain à 15,6 milliards d’euros. Une offre équivalente serait faite pour chaque catégorie d’obligations convertibles en circulation d’Alcatel-Lucent (OCEANE 2018, 2019 et 2020).

A la clôture de l’offre, le nouvel ensemble serait détenu à 66,5 % par les actionnaires de Nokia, le reste revenant aux actionnaires d’Alcatel-Lucent.

Sous réserve d’obtenir les approbations réglementaires dans les juridictions concernées, la nouvelle structure installerait son siège social en Finlande, sous le nom Nokia Corporation, avec à sa tête Rajeev Suri (actuel directeur général de Nokia). Trois administrateurs issus d’Alcatel-Lucent rejoindraient un conseil d’administration présidé par Risto Silaasma, qui occupe aujourd’hui ce même poste chez l’équipementier finlandais.

Névralgique France

Le nouvel ensemble emploierait environ 120 000 personnes dans le monde. Selon les termes du communiqué émis ce 15 avril, Nokia « s’attend […] à ce que la France, où Alcatel-Lucent est un acteur fondamental de l’écosystème technologique, devienne un centre névralgique ».

Une ambition qui se traduira par la création d’un centre R&D en 5G, par l’ouverture d’un laboratoire de cybersécurité et par la mise sur pied d’un fonds d’investissement de 100 millions d’euros pour soutenir des start-up de l’Hexagone dans l’Internet des objets et l’Internet industriel. Une enveloppe de 20 millions d’euros par an serait par ailleurs dédiée au milieu académique et universitaire.

Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a assuré avoir obtenu « des engagements de la part de Nokia » concernant le maintien de l’emploi. Une attention particulière sera portée sur les sites de Villarceaux (Essonne) et de Lannion (Côtes-d’Armor).

Le plan SHIFT engagé en 2013 par Alcatel-Lucent – et qui a déjà occasionné 700 suppressions de postes en France – sera toutefois mené à son terme. Dans le même temps, 500 postes de jeunes diplômés devraient être créés dans la R&D, avec l’objectif d’augmenter les activités de 25 %, selon le directeur général d’Alcatel-Lucent Michel Combes, qui s’est exprimé sur BFM Business.

Le futur Nokia Corporation cible une réduction de 200 millions d’euros des charges d’intérêts financiers à l’horizon 2017. Il espère aussi dégager 900 millions d’euros de synergies sur ses coûts d’exploitation en 2019. Notamment en « [réalignant] l’organisation, [en rationalisant] des produits et services redondants, [mais aussi en réduisant] les frais généraux d’immobilier, de fabrication et de chaîne logistique, de support informatique […] ».

Le nouvel ensemble, qui aurait pesé 25,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur l’exercice 2014, vise un taux moyen de croissance annuelle de 3,5 % sur la période 2014-2019, avec un « marché adressable » de 130 milliards d’euros.

Crédit photo : Christophe Lagane – Shutterstock.com


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