Alcatel-Lucent relance un vaste plan de suppressions de postes

Mobilité

L’équipementier télécoms lance “un plan d’action” pour rationaliser ses activités et booster son management. Tout en supprimant 4000 postes en plus.

La sortie de crise pour Alcatel-Lucent, ce n’est pas pour demain. Outre la marche à pas forcés pour restructurer la nouvelle entitté issue de la fusion, le contexte morose sur les marchés des télécoms rend la tâche encore plus difficile.

A l’occasion de la présentation des résultats trimestriels de l’équipementier télécoms, la directrice générale Patricia Russo a présenté un plan d’action, pressé par le conseil d’administration afin de redresser la barre c’est à dire les comptes. “Les conditions de marché restent difficiles, avec une pression continue sur les revenus et les marges, en raison d’une concurrence intensifiée et d’un certain ralentissement des investissements en Amérique du Nord”, peut-on lire dans le communiqué de presse financier.

Ce plan d’action comprend trois volets : pour le volet des services, priorité est donnée à la “rationalisation” de l’activité “opérateurs”, à “l’accélération” des réductions de coûts des produits et à la “focalisation” du portefeuille de solutions groupe sur la transformation vers l’IP pour les réseaux fixes et mobiles. Les solutions en forte croissance pour le marché “entreprises” et le secteur “Industrie et Service Public” doivent également faire l’objet d’une attention particulière.

L’équipe de management n’en sort pas indemme. Elle est révisée sous forme d’un “resserrement” du comité exécutif, à la manière de ce que Didier Lombard avait réalisé chez France Telecom. Ce petit groupe de sept managers auara toutes les cartes en main pour “créer un modèle opérationnel plus simple et plus efficace”.

Symbole du bouleversement dans la chaîne de management : le départ de Jean-Pascal Beaufret à la direction financière du groupe qui est remplacé par Hubert de Pesquidoux, actuel Président de l’activité Entreprises d’Alcatel-Lucent. L’organisation régionale est également révisée. Deux entités sont créées : une pour le continent américain et une plus large comprenant le reste du monde (Asie-Pacifique, Europe, Afrique et Moyen Orient).

Un pan supplémentaire de postes supprimés

Mais parmi les mesures énoncées, c’est l’ébauche d’un nouveau plan de suppressions de postes qui est le plus frappant. “Ceci implique une accélération des objectifs actuels de réduction d’effectifs pour l’année 2008 et 4000 réductions supplémentaires d’ici 2009″, peut-on lire dans le communiqué de presse.

Rappelons que le groupe avait initié un programme de 12 500 postes supprimés dans le monde à la suite de l’annonce de la fusion Alcatel-Lucent en avril 2006. La France avait contribué de manière significative à l’effort de restructuration avec la disparition de 1468 emplois dans l’Hexagone.

Sur le site Internet de la section CFDT-Alcatel Lucent (la première organisation syndicale de l’entreprise), une contribution a été postée le 31 octobre. Elle signale que “l’intersyndicale [CFDT, CGT et CTFC, ndlr] a appelé l’ensemble des établissements français d’Alcatel-Lucent à débrayer ce matin (…) ce sont plus de 1700 salariés qui ont répondu à cet appel”. Vous parliez d’apaisement social ?

Des résultats décevants
Au troisième trimestre 2007, Alcatel-Lucent a enregistré un chiffre d’affaires de 4,3 milliards d’euros (contre 4,9 milliards d’euros réalisés à la même période en 2006). Le groupe franco-américain affiche un résultat d’exploitation de 70 millions d’euros (contre 430 millions pro forma un an plus tôt) et une perte nette de 258 millions d’euros contre un bénéfice de 532 millions affiché entre juillet et septembre 2006.

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