Alexandre des Isnards : “Justice-Express.com permettra de désengorger les tribunaux”

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Alexandre des Isnards

Co-Fondateur de Justice Express, Alexandre des Isnards revient sur l’ambition de ce site facilitant l’envoi de mise en demeure ou de saisine de la justice

Quelle est la genèse de Justice Express ? Comment avez-vous eu l’idée ?

 

Alexandre des Isnards – En fait, tout est parti d’une discussion avec un ami avocat. J’avais un problème avec mon opérateur Internet et je ne m’en sortais pas. En cinq minutes, il m’a expliqué la démarche : envoyer un courrier en recommandé avec accusé de réception qu’on appelle une mise en demeure. Et, si la situation n’est pas réglée, saisir le juge de proximité. Je pensais que c’était compliqué mais, en fait, non. Je me suis dit que plein de personnes devaient être comme moi et croire que c’était compliqué.

Et on n’a pas toujours envie de le faire ! Rédiger un courrier, l’imprimer, aller à La Poste etc. peut être pénible quand on est pressé et impatient, comme moi. Pour saisir la justice, il faut tout de même trouver le formulaire sur Internet, déterminer le juge compétent et acheter un timbre fiscal.

Je crois qu’on est nombreux à détester la paperasse et les démarches. C’est là que nous est venue l’idée de proposer un service entièrement en ligne. Pas de déplacement. Simplification des démarches. On l’a fait !

 

Sur les premières semaines d’activité de votre service, qui sont vos principaux clients ? Les entreprises ou les particuliers ? Quels sont vos objectifs ?

 

Alexandre des Isnards – Nos clients sont surtout des particuliers pour l’instant. On a plein de situations différentes : tapage nocturne, canapé non livré, cautions non récupérées, ou un problème avec son opérateur Internet, comme moi !

Nous avons aussi pas mal de professionnels indépendants. Surtout des auto-entrepreneurs en fait, qui font souvent face à des impayés et ne savent pas comment relancer.

Notre objectif ? Permettre à un maximum de gens de régler leurs galères du quotidien en ayant recours à notre site.

 

Vos premiers clients ont-ils déjà observé un retour sur investissement ? Le formalisme de vos courriers suffit-il à débloquer des situations complexes ?

 

Alexandre des Isnards – Oui, nous avons déjà de nombreux retours positifs dès l’étape de mise en demeure. C’est vrai que recevoir un recommandé avec un tampon Justice Express impressionne la partie en face. Et le fait de savoir qu’on peut être ensuite poursuivi en justice fait bouger les plus réticents.

Mais parfois, il faut aller jusqu’au bout. Nous attendons les premières décisions de nos clients qui ont saisi le juge de proximité pour leurs litiges. C’est en cours ce mois-ci.

 

Si saisir la justice ne coûte que 65 euros, ne risquez vous pas d’accentuer la saturation des tribunaux ? Quel est le regard des magistrats sur votre initiative ?

 

Alexandre des Isnards – Au contraire, notre site facilite les ententes à l’amiable et permettra de désengorger les tribunaux. Comme je le disais, la mise en demeure permet souvent de régler le litige sans avoir à saisir la justice. D’ailleurs, nous ne sommes pas là pour encourager les procéduriers, mais pour que tout le monde puisse défendre ses droits facilement.

Les juridictions de proximité ont été créées en 2010 pour simplifier l’accès à la justice. Notre service va dans ce sens. Nous avons développé un logiciel qui permet à nos clients de tout faire en ligne.

Quant aux magistrats, ils ont une idée forte de la justice. Ils ne peuvent voir dans notre service qu’une initiative heureuse qui permettra à chaque justiciable d’avoir accès à la justice simplement et sans débourser des sommes prohibitives.

 

Le gouvernement travaille sur des « class action à la française. » Pourriez-vous donner une dimension 2.0 à votre site en fédérant les internautes ?

 

Alexandre des Isnards – C’est une très bonne idée ! Pour tout vous dire, nous y réfléchissions avant même d’avoir lancé Justice Express, et nous avons accueilli le projet de loi sur la consommation avec beaucoup d’intérêt.

Nous travaillons sur plusieurs idées afin de fédérer ces demandes et leur donner l’impact du nombre. Notre plateforme pourrait devenir le Groupon de la défense des droits, et permettrait de mener des “class action 2.0” à la française. Ce serait une véritable avancée pour les droits des consommateurs. Et ils sont prêts.

Mais nous devons attendre le texte définitif pour proposer des services en adéquation avec l’esprit de la loi.

 

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