Allemagne : la presse écrite ne parvient pas à faire plier Google

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L’Autorité de la concurrence allemande refuse d’examiner la saisine d’un “collectif presse” visant Google accusé de piller leurs contenus. “Une suspicion suffisante” n’est pas avérée.

En Allemagne, l’Autorité de la concurrence (Bundeskartellamt) refuse d’examiner la plainte déposés par les éditeurs de presse à l’encontre de Google.

Réunis au au sein de l’organisation VG Media (incluant des groupes de presse comme Axel Springer et Burda), ils avaient saisi en juin l’organisme de régulation considérant que Google donnait le libre accès à leurs contenus via son moteur de recherche. Et ce, sans verser une contrepartie financière au nom  de droits voisins liés à l’exploitation de contenus de presse.

Un système qui dérangeait les éditeurs de presse membres de VG Media en particulier à travers son service d’agrégation de liens d’actualité Google News.  Mais le débat divise les médias professionnels locaux car des portails d’infos comme Handelsblatt.com, FAZ.net, Spiegel Online, Stern.de et Suddeutsche.de ne sont pas associés à la saisine, rappelle ITespresso.de.

Les arguments de VG Media ne sont pas suffisants, considère Andreas Mundt, Président du Bundeskartellamt. “Une suspicion suffisante est toujours requise pour initier une procédure pour abus. La plainte de VG Media ne l’établit pas.”

Pourtant, la plainte initiale s’appuyait sur une loi sur les droits voisins adoptée au Parlement allemand (Bundestag). Elle est entrée en vigueur il y a un peu plus d’un an : les éditeurs de presse ont le droit d’interdire aux moteurs de recherche comme Google d’exploiter trop de contenus émanant de leur production. Seuls des courts extraits d’articles sont autorisés. A l’époque, Google Allemagne s’y était opposé.

Google a-t-il obtenu une victoire temporaire ou est-ce vraiment la fin du conflit entre les éditeurs et le groupe Internet ? Au regard des tensions qui subsistent, la partie n’est pas terminée. Et la lutte pourrait prendre d’autres formes à l’échelle européenne.

Ainsi, en mai, l’Open Internet Project du nom d’une coalition d’acteurs du numérique français et allemands (dans les groupes médias, on retrouve Axel Springer) avait déposé une plainte auprès de la Commission européenne. Motifs exposés à l’encontre de Google : “manipulation des résultats dans le moteur” et “détournement de trafic”.

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Crédit photo : Shutterstock.com – Auteur : xstock


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