Alliance Uber – Didi : la Chine enclenche une enquête antitrust

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Le ministère chinois du commerce veut déterminer si le rapprochement entre Didi et Uber ne déséquilibre pas le marché des apps de mobilité urbaine.

L’alliance entre Didi Chuxing et Uber en Chine sera scrutée avec une grande attention. Le ministère du Commerce enclenche une enquête antitrust sur ce projet de fusion qui change la donne sur le marché des services mobiles pour transporter des passagers en automobile. Le porte-parole Shen Danyang a déclaré à la presse que l’objectif était de « garantir une concurrence équitable  et à protéger les intérêts des consommateurs ».

On peut comprendre l’intérêt de la part des des autorités chinoises vis-à-vis d’un tel rapprochement. Début août, l’absorption du service Uber en Chine par son concurrent local Didi Chuxing avait été annoncée.

Le projet d’alliance repose sur un montage de prises de participation croisées et des investissements. La société Internet californienne, dirigée par Travis Kalanick, s’est résolue à céder ses activités chinoises à Didi (occupant une position de leadership) pour 35 milliards de dollars.

En contrepartie, Uber récupère une partie minoritaire du capital de la société chinoise (20% a priori). Le nouvel ensemble pèse 35 milliards de dollars (addition des valorisations de Didi à 28 milliards et Uber China à 7 milliards de dollars).

De son côté, Didi obtient une part minoritaire dans Uber en injectant un milliard de dollars dans la pépite californienne, qui fait trembler les compagnies de taxis et de véhicules privés avec chauffeurs dans le monde entier.

A partir des données fournies par LeMonde.fr, le nouveau duo Didi+Uber sera d’emblée puissant. Didi Chuxing s’est emparé de 87 % du marché des réservations VTC (300 millions d’utilisateurs, 11 millions de courses effectuées chaque jour, 400 villes couvertes). L’influence d’Uber dans le pays était plus limitée depuis son arrivée en 2014 (40 millions de courses par semaine, 60 villes couvertes).

Didi ne manque pas non plus d’alliés de poids dans son capital. Outre l’arrivée d’Uber (si le deal est confirmer par les autorités de régulation), on recense les mastodontes de l’Internet chinois Alibaba et Tencent mais aussi Apple qui a injecté en juin un milliard de dollars lors d’une levée de fonds globale de 7,3 milliards de dollars.


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