Altavista se refait une beauté

Régulations

Le moteur de recherches a dévoilé son nouveau site, lundi 25 octobre. Nouveaux services et esthétique revisitée, Altavista entre véritablement dans l’ère du business.

Une drôle d’aventure que celles d’Altavista. Né en 1995 dans l’imagination de deux ingénieurs de Digital en quête d’un outil personnel, le moteur de recherches a longtemps pavé la Toile de ses innovations. A l’époque, il offrait un index beaucoup plus riche que les autres, un mode d’interrogation par commandes qui, s’il pouvaient dérouter le débutant, permettait des recherches d’une précision sans égal. Altavista avait également, le premier, ajouté des fonctions permettant de rechercher sons et images, de poser des questions en langage naturel (en anglais), de traduire les documents, et même d’obtenir une étude statistique des documents pour doper la pertinence des résultats.

Aujourd’hui, tout a bien changé. Louis Monier, l’un des créateurs de la technologie d’Altavista, est parti en quête de nouvelles aventures. Autrefois vitrine du savoir-faire de Digital, passé dans le giron de Compaq qui n’a jamais su en exploiter la renommée, Altavista est tombé dans l’escarcelle de CMGI, une firme d’investissements spécialisée dans Internet. Le site présenté lundi 25 octobre signe l’arrivée d’Altavista dans la course à l’audience. Exit la technologie, place au marketing.

Altavista affirme désormais recenser 275 millions de pages, et plus de 90% des sites de la Toile. Les premiers tests réalisés lundi 25 octobre permettent d’en douter. Est-ce la conséquence d’un bogue ou d’une taille d’index surestimée? Toujours est-il que la commande “to be or not to be” qui permettait, en principe, d’obtenir le nombre de documents recensés dans l’index, ne renvoie plus que quelques 60 000 000 de références, contre 160 000 000 la semaine dernière. De même, un essai portant sur un petit site de 80 pages ne donne plus qu’une page référencée, contre 79 il y a quelques jours.

L’interface de recherche d’informations a été légèrement modifiée et devient plus explicite. Mise en cause dans plusieurs études, la fraicheur des liens mémorisés par Altavista devrait être améliorée, le système étant désormais capable d’adapter la fréquence de ses visites à la vitesse de mise à jour des pages de chaque site. Auparavant, l’ensemble des sites contenus dans l’index étaient visités à la même fréquence, environ une fois par mois.

Avec Altavista, CMGI tente d’entrer dans la cour des grands du portail pour doper son site de commerce électronique Shopping.com. Le nouveau site révèle de très nombreux partenariats, avec des sources d’informations (New York Times, Washington Post, ZDNet et les agences de presse), des banques d’images (Corbis, Getty) et le réseau Cammunity de caméras branchées sur Internet. Altavista propose également une adresse électronique gratuite, un accès Internet gratuit aux Etats-Unis et le service de traduction qui a rendu le site si populaire en Europe.

Reste à savoir si les multitudes de services proposés par Altavista suffiront à lui permettre de rivaliser avec les géants du secteur, et notamment AOL et Yahoo!. Une importante campagne a été lancée aux Etats-Unis, qui mêle spots publicitaires, sponsoring d’événements et soutien à des organisations caritatives. Pas moins de 120 millions de dollars (environ 750 millions de francs) devraient y être investis.

Pour en savoir plus : http://www.altavista.com


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