Altice veut se revigorer en Europe après l’échec du rachat de Bouygues Telecom

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Altice, maison-mère de Numericable-SFR, dresse son bilan de l’assaut raté sur Bouygues Telecom. Et se ré-organise au niveau européen pour de futures acquisitions…

En France, la semaine télécoms a été marquée par la tentative de Patrick Drahi (Président exécutif d‘Altice, la maison-mère de Numericable-SFR) de prendre le contrôle de Bouygues Telecom.

Mais Martin Bouygues s’y est fermement opposé. Même pour 10 milliards d’euros, dont neuf réglés en numéraire.

C’est la troisième fois en un an que Patrick Drahi présentait un projet dans ce sens. De quoi décourager l’homme d’affaires qui chassent dans les télécoms, le câble et les médias ? Patrick Drahi est ambitieux et déterminé. Comme son ennemi favori Xavier Niel. On entendra probablement parler de consolidation du marché des télécoms en France.

Après avoir été éconduit par le groupe Bouygues, Altice tente d’avaler la couleuvre de l’offre pour Bouygues Telecom « adressée le 3 juin 2015 et complétée le 21 juin 2015 ».

La holding d’investissement télécoms précise que l’offre valorise Bouygues Telecom à plus de 10 milliards d’euros « au minimum ». « Soit environ 15 fois l’Ebitda estimé pour 2015 et 25 fois l’Ebitda – Capex pour 2017 selon les estimations de Bouygues.

Patrick Drahi répond aussi aux critiques portant sur le manque de sérieux présumé sur le financement. Profitant d’une fenêtre favorable pour emprunter à taux bas sur les marchés (pratique pour faire ses emplettes dans les télécoms),  le patron d’Altice précise que « le financement de l’opération était intégralement assuré et sécurisé, sans condition, aux termes des lettres d’engagement jointes à la remise de l’offre de BNP, JP Morgan et Morgan Stanley ».

Il tient à rétablir une vision tronquée : « L’opération est ainsi financée à hauteur de 60%-65% en fonds propres et à hauteur de 35%-40% en dette, et non pas à hauteur de 10 milliards de dette comme indiqué dans des fuites à la presse ».
Altice revient sur le volet connexe d’Iliad-Free, partie prenante en cas d’accord entre Numericable-SFR et Bouygues Telecom.

C’est caduc désormais mais le nouvel ensemble Numericable-SFR confirme qu’il était entré en négociations exclusives avec le groupe de Xavier Niel « pour convenir de transferts de différentes catégories d’actifs ».

Altice précise dans sa communication : « Ces accords sont plus larges que ceux dont Bouygues s’est prévalu en mars 2014 dans le cadre de sa tentative de rachat échouée de SFR ».

En répondant à l’offre d’Altice, Martin Bouygues avait mis en avant les risques sur le volet social en cas de consolidation du marché. La garantie d’emploi n’était plus assurée.

Altice perçoit là aussi une déformation de ses engagements. Le groupe candidat à l’acquisition de Bouygues Telecom assure qu’il était prêt à « maintenir l’emploi des salariés de la filiale télécoms du groupe Bouygues dans des conditions similaires à celles qui avaient été souscrites pour l’acquisition de SFR ».

En complément, Altice précise qu’à travers Numericable-SFR, la holding compte « augmenter ses investissements, notamment dans le déploiement de la fibre » (20 millions de prises d’ici à 2020, soit 5 millions de prises supplémentaires en FTTH) alors que les investissements de SFR « ont augmenté de 20% » depuis la reprise il y a six mois.

Prochain projet qui va attirer son intention : le deuxième dividende numérique à travers les fréquences 700 Mhz. Altice compte « participer pleinement à l’appel d’offres » sous la houlette de l’ARCEP.

Au niveau européen, Altice monte un projet de ré-organisation de sa structure juridique et capitalistique. Objectif : faciliter une éventuelle augmentation de capital pour financer de futures acquisitions.

Concrètement, une nouvelle société de droit néerlandais (Altice N.V) sera créée en absorbant l’actuelle compagnie de droit luxembourgeois.  Patrik Drahi contrôle actuellement via sa holding plus de 60% d’Altice.


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