Amazon cherche un ticket dans la grande distribution en France

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Leclerc, Système U, Casino…De grands groupes de distribution sont contactés par Amazon qui cherche un appui logistique pour développer ses activités en France.

Cela ne fait plus de doutes : Amazon cherche des alliés stratégiques en France.

Des rumeurs de marché concernant un rapprochement avec Carrefour a récemment provoqué un certain émoi dans la grande distribution et à la Bourse.

La donne a changé avec le groupe e-commerce depuis qu’il a racheté outre-Atlantique la chaîne Whole Foods Market pour 13,7 milliards de dollars.

Dans l’Hexagone, Amazon a entamé des discussions pour trouver un véritable ancrage en France avec un groupe de distribution.

Mercredi 4 octobre, Michel-Edouard Leclerc a déclaré à Reuters que son groupement de distributeurs indépendants est « approché » par Amazon. Mais ce sera la seule révélation de sa part mais c’est déjà un séisme dans un univers peu enclin aux grands déballages médiatiques.

« Dans cinq ans, notre concurrent sera Amazon, ce ne sera plus Hyper U qui sera passé à Auchan, je le parie », déclarait Michel-Edouard Leclerc en avril 2015.

Un autre son de cloche précise la teneur des discussions actuelles. Chez Système U justement.

Le P-DG Serge Papin avoue : « Amazon a proposé que l’on soit un peu son ‘back office’ pour livrer de la marchandise ».

Le dirigeant de la chaîne des « nouveaux commerçants » n’a pas précisé s’il s’agissait d’une offre de partenariat ou de rachat. « Ils cherchent (…) des gens qui sont organisés au niveau de la logistique, au niveau des magasins », a expliqué Serge Papin au micro de France Info dans la journée de mercredi.

Mais Amazon semble avoir essuyé un refus (poli ?). « On a dit non », déclare Serge Papin. « Nous, la logistique, c’est dans notre savoir-faire et on y tient beaucoup. »

De son côté, Le Monde évoque le cas intéressant du groupe Casino qui détient à la fois des points de vente urbains et de proximité (Monoprix) mais aussi la pépite Cdiscount. Un pionnier du commerce électronique en France qui a affiché un chiffre d’affaires de 1,85 milliard d’euros en 2016.

Un profil précurseur analogue à celui d’Amazon aux Etats-Unis susceptible de plaire au patron qui fait désormais trembler le secteur de la distribution au sens large dans le monde : Jeff Bezos.

Concurrence « inégale »

Parallèlement, Amazon poursuit l’ancrage de ses activités en France. Cette semaine, il a annoncé l’ouverture l’an prochain d’un sixième centre de distribution en France à Brétigny-sur-Orge (Essonne). D’une surface globale de 142 000 mètres carrés, ce futur centre logistique deviendra le plus grand site d’Amazon en France.

Depuis 2010, le groupe e-commerce a investi plus de deux milliards d’euros pour soutenir le développement de son activité dans l’Hexagone. D’ici la fin de l’année, il disposera d’un effectif global de 5500 collaborateurs.

Quel que soit le futur allié d’Amazon dans la distribution en France, tous les groupes s’accordent actuellement à dire que la concurrence avec le groupe e-commerce est « inégale ».

Car celui-ci paie peu d’impôts en France au regard de ses pratiques d’optimisations fiscales et des aides d’Etat illégales en provenance du Luxembourg qui viennent d’être dénoncées par la Commission européenne.

Alors que le business d’Amazon dépasse le milliard d’euros en France, la firme e-commerce a versé en 2014 un montant de 5,8 millions d’euros en guise d’impôt sur les sociétés (selon Challenges).

 


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