AMD amène le 64 bits sur les ordinateurs de bureau

Mobilité

Pour son entrée dans le 64 bits personnel, AMD lance deux modèles de processeurs. Le premier vise à remplacer les Athlon XP tandis que le second tend à se rapprocher de l’Opteron, la version 64 bits pour serveurs.

Attendus de longue date, les processeurs 64 bits pour ordinateurs de bureau d’AMD débarquent enfin. Jusqu’alors connu sous le nom de code SledgeHammer, le K8 se décline en deux versions (trois avec le modèle pour ordinateurs portables) : les Athlon 64 et Athlon 64 FX. Le premier opère sur un socket à 754 broches, dispose de 1 Mo de mémoire cache de niveau 2 (L2) et 128 Ko de L1. La mémoire, standard, est adressée sur 64 bits (monocanal) par l’intermédiaire d’un contrôleur intégré au processeur (ce qui permettra de monter facilement en puissance la fréquence du bus). Avec son contrôleur mémoire double canal (128 bits) et son socket 940, l’Athlon 64 FX est une puce plus haut de gamme – n’espérez donc pas faire évoluer votre machine d’un 64 vers un FX puisqu’un changement de carte mère s’avèrera indispensable – d’autant qu’elle exploite une mémoire à registres, plus rare et plus chère. L’Athlon FX se rapproche plus de l’Opteron que de l’Athlon 64 à la différence qu’il ne gère qu’un seul canal HyperTransport (contre trois pour les processeurs 64 bits dédiés aux serveurs). Si AMD communique beaucoup sur le FX, notamment pour mettre en avant ses performances, c’est l’Athlon 64 qui devrait être massivement lancé sur le marché. Tous les deux sont gravés en 130 nanomètres (0,13 micron) et bénéficient de la technologie Silicon on insulator (SOI), censée apporter une meilleure conductivité électrique.

De 10 à 18 % de gain de performances

Dans un premier temps, deux modèles feront leur apparition : l’Athlon 64 3200+ cadencé à 2 GHz et le 3000+ à 1,8 GHz. Privé de son bloc de protection, ce dernier se destine aux ordinateurs mobiles, c’est pourquoi il intègre la technologie de gestion d’énergie PowerNow. A ce sujet, AMD souligne qu’il travaille à une technologie similaire pour les processeurs de bureau afin d’économiser la consommation électrique en cas de non-utilisation du PC. Du côté de l’Athlon 64 FX, un modèle “51” à 2 GHz inaugure le lancement. AMD positionne son FX 51 “au-dessus” du futur Prescott d’Intel (attendu pour le courant de l’année) qui rivalisera donc avec l’Athlon 64. En moyenne, par rapport à l’Athlon XP 3200+ (dont AMD a laissé entendre l’arrêt du développement pour la fin 2004), le fondeur de Sunnyvale annonce des performances supérieures de 10 % pour les Athlon 64 et 18 % pour les modèles FX, selon des tests internes.

Des gains de performances qui peuvent sembler décevants par rapport aux efforts techniques déployés. Mais les applications ne sont pas encore optimisées pour l’architecture 64 bits et la possibilité d’utiliser une quantité énorme de mémoire vive (plus de 1 000 Go contre 4 pour le 32 bits) n’est pas réellement utile dans une application bureautique. Il n’est donc pas certain que ces nouveaux processeurs intéressent l’utilisateur lambda, qui est en droit de se demander à quoi lui servira toute cette puissance au regard des tarifs “haut de gamme” des puces. En effet, le FX 51 sera lancé à 733 dollars tandis que le 64 3200+ coûtera 419 dollars et 278 dollars pour la version mobile 3000+ (tarifs hors taxes par lots de mille). Conscient de ce faible intérêt, AMD vise dans un premier temps les prosumers, ces consommateurs enthousiastes qui cherchent toujours le meilleur de la technologie et qui, en cas d’adoption, tendent à “tirer le marché”.

AMD ouvre la voie

Saluons cependant le pari (risqué) d’AMD d’ouvrir la porte du 64 bits aux ordinateurs de bureau. Anticipation censée dans la mesure où l’architecture x86-64 du K8 assure la migration entre les modes 32 et 64 bits, garantissant ainsi la compatibilité avec les applications actuelles et l’opportunité d’une migration en douceur vers les prochaines qui seront optimisées pour le 64 bits. Microsoft peaufine sa version 64 bits de Windows et Linux existe depuis longtemps déjà dans cette version. Quelques éditeurs, dont Epic Games pour le jeu Unreal Tournament, se sont engagés dans ce sens. On ne doute pas de la participation active de nVidia (qui fournit le chipset nForce3) et ATI a également annoncé soutenir l’initiative du 64 bits en développant de nouveaux pilotes pour ses processeurs graphiques. Côté constructeurs, AMD reçoit le soutien de Shuttle, Gigabyte, Asus et MSI essentiellement. La meilleure reconnaissance quant au choix stratégique d’AMD serait qu’Intel annonce un produit similaire compatible 32/64 bits. En cas de succès d’AMD, il serait étonnant que le leader des fondeurs fasse l’impasse sur le 64 bits qui finira tôt ou tard par se standardiser. Reste à savoir si AMD n’a pas trop anticipé l’évolution…


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