AMP Project : comment Google adapte HTML au Web mobile

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Google s’est associé à l’écosystème du Web mobile pour développer un sous-ensemble de HTML destiné à optimiser l’affichage des contenus statiques.

Un sous-ensemble de HTML destiné à améliorer l’expérience utilisateur sur le Web mobile en optimisant le chargement des contenus statiques : ainsi peut-on décrire le projet AMP, lancé par Google en association avec des groupes médias et d’autres entreprises du Net.

Les travaux menés depuis plusieurs mois dans le cadre de cette initiative « Accelerated Mobile Pages » se sont concrétisés le 7 octobre par la publication d’une première spécification technique assortie, sur GitHub, d’une démonstration pour les développeurs. À la clé, un affichage « jusqu’à 85 % plus rapide » selon les tests menés avec un simulateur de smartphone Nexus 5 sur réseau 3G.

Pour mettre en oeuvre AMP HTML, les éditeurs de sites Web* l’intégreront dans leur CMS. WordPress.com a d’ores et déjà assuré qu’une prise en charge serait « bientôt » assurée. Google proposera par ailleurs un système de cache qui permettra d’accélérer un peu plus le chargement (d’autres sociétés sont invitées à faire de même, en convenant des modalités avec les éditeurs).

Les prochaines semaines seront surtout consacrées à l’intégration de la publicité, à la prise en charge des systèmes d’abonnement et à l’inclusion des outils d’analytique.

Ce dernier point est délicat, car il suppose généralement l’injection de JavaScript… sur lequel AMP HTML impose des restrictions, les performances étant difficiles à prévoir lorsque ce langage est utilisé.

L’utilisation de JavaScript sera limitée à son strict minimum. Pour les éléments interactifs comme les sondages, les quiz ou les fenêtres superposées (lightboxes), Google va pousser les éditeurs à exploiter les « custom elements », ces balises HTML enrichies qui permettent de définir de nouveaux types d’éléments.

Quant à la fonction de préchargement de contenus, traditionnellement appelée avec la balise <link rel=prerender>, elle sera exploitée avec parcimonie, en priorisant les éléments dont l’affichage n’engendre pas une charge processeur trop importante.

Google News aussi

Pour la partie analyse d’audience, Google s’appuie sur des « tracking pixels » associés à une bibliothèque liée aux systèmes des principaux fournisseurs de solutions d’analytics (Adobe et Chartbeat sont dans la boucle).

AMP HTML se base sur des technologies ouvertes pour assurer une diffusion multiplateforme. En améliorant ainsi l’accessibilité des contenus, tout comme la vitesse de connexion et le confort de lecture, le dispositif devrait favoriser le référencement des sites, même si « bien d’autres critères seront pris en compte » par les algorithmes de Google Search.

Google News prendra également en compte AMP HTML dans son système d’indexation. Mais dans tous les cas, les médias « garderont le contrôle de la monétisation ».

Le quotidien italien La Stampa participe au projet. Son rédacteur en chef confie à l’AFP : « Aujourd’hui, les médias traditionnels doivent porter le journalisme au-delà de leur site Internet, pour aller là où se trouvent les utilisateurs ».

L’enjeu est grand pour Google à l’heure où, dans un contexte de croissance des usages Web mobiles, la concurrence pousse, entre les applications mobiles, les agrégateurs et les réseaux sociaux.

* Sur la liste figurent notamment le Financial Times, le Wall Street Journal, l’Economist, El País, le Guardian, le Telegraph, le Huffington Post et le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Crédit photo : esolla – Shutterstock.com


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