An 2000 : Un bogue ? Quel bogue ?

Mobilité

Le passage des ordinateurs et des systèmes informatisés au 1er janvier 2000 s’est déroulé sans encombre dans la plupart des régions du monde. En France, le ministre de l’Economie Christian Sauter se félicite du bilan des opérations, même si la prudence reste de mise pour les prochains jours.

Ni émeute, ni catastrophe nucléaire : loin des discours apocalyptiques, le passage informatique à l’an 2000 n’aura laissé que peu de stigmates en France et dans le monde. Placés aux premières lignes, les industriels de l’énergie, des télécoms ou des transports ont continué leur mission après le 1er janvier à minuit, sans constater de réels troubles. Ainsi, lors d’une conférence tenue ce lundi 3 janvier 2000, le ministre de l’Economie Christian Sauter a dressé un bilan plutôt positif. Il a notamment expliqué que, selon le secrétaire d’Etat à l’Industrie Christian Pierret, “toute la production nucléaire disponible fonctionne, ainsi que les équipements classiques, et couvrent sans difficulté la demande”. La poste n’aurait pas rencontré de “problèmes particuliers” et aucun opérateur des télécoms n’aurait signalé d’incident. Qu’il s’agisse des grands groupes de l’industrie automobile, de la finance ou des administrations, le réveil de l’activité s’est produit sans panne ni défaillance notable.Même dans l’électronique des cafetières, des climatiseurs ou des distributeurs de billets, le bogue ne s’est guère illustré. “Au risque de vous décevoir, je dois reconnaître qu’il n’y a rien à dire. Le 1er janvier s’est déroulé comme n’importe quel jour, ni pire ni meilleur qu’un autre”, assure un responsable de communication pour le numéro un mondial des ascenseurs Otis. Le groupe, qui assure la maintenance d’un million d’ascenseurs dans le monde, n’a décelé aucun pépin lié au bogue dans son parc français (15% du marché, soit 150 000 appareils).Le Club Informatique des grandes entreprises françaises (Cigref) présente sur son site plusieurs compte-rendus qui confirment que la tempête informatique n’a pas eu lieu. Dans sa synthèse la plus récente, à l’heure où nous écrivons ces lignes, on peut lire que “la reprise de l’activité économique s’effectue pour l’instant dans des conditions normales (…). Les grandes entreprises ont commencé à vérifier que leurs partenaires (petits et grands) peuvent continuer à communiquernormalement avec elles. A ce stade, aucune difficulté majeure ne semanifeste.” Pourtant, des ratés ont bien eu lieu. Par exemple, un fournisseur français dont le nom n’est pas communiqué a fourni des factures estampillés à la date 2011. L’incident, vite repéré, aurait pu avoir des conséquences fâcheuses dans d’autres circonstances. Aux Etats-Unis, le site Wired rapporte seulement que trois horloges liées à des systèmes de production d’électricité ont du être réinitialisées pour fonctionner correctement. Sur le Web, différents sites commerciaux ont présenté des dates erronées avant une rapide correction. Selon notre confrère Infoworld, le service de messagerie gratuite Hotmail de Microsoft aurait généré chez certains utilisateurs l’affichage de l’année 2099 pour tous les courriers rédigés avant octobre 1999. Le site de VNUnet a lui-même été touché par un bogue mineur. Les premières lettres d’informations hebdomadaires de l’année ont failli être envoyées estampillées de la date “1er janvier 100”. Rien de bien grave en vérité. Bien que rassurées par leurs premiers bilans, les grandes entreprises françaises restent sur leurs gardes. Des dysfonctionnements sournois peuvent mettre plusieurs jours (voir même plusieurs mois) avant d’être décelés. “Notre attention se porte maintenant sur les PME et les chaînes logistiques, pour vérifier si tous les sous-traitants peuvent livrer leurs clients”, explique un porte-parole du Cigref. Et de continuer :”Nous sommes optimistes. Mais il faudra rester vigilant, même si cette journée se clôture bien. Par exemple, certaines agences des banques ne sont pas ouvertes le lundi”. Des surprises peuvent donc encore survenir.Pour en savoir plus : * Le site du Premier ministre * Cigref 2000


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