Antennes-relais : le gouvernement encaisse l’onde de choc

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Antenne-relais à Paris

Abaissement du seuil d’exposition, extension de prérogatives municipales : le gouvernement communique les préconisations des experts mandatés dans le débat de santé publique autour du potentiel danger des antennes-relais implantées par les opérateurs télécoms.

Avec le rejet*, au mois de février, d’un projet de loi déposé par le groupe Europe Écologie Les Verts (EELV), le débat autour de l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais des opérateurs télécoms a pris une dimension politique.

Par l’intermédiaire de Philippe Martin (ministre de l’Écologie) et de Fleur Pellerin (ministre déléguée chargée de l’Économie numérique), le gouvernement dévoile aujourd’hui les conclusions des experts mandatés au printemps pour effectuer des mesures sur le terrain.

Menées conjointement par des représentants de l’État, de collectivités locales, d’opérateurs de téléphonie mobile, d’associations de défense des consommateurs et de protection de l’environnement, les expérimentations ont conduit à l’établissement de deux rapports

Le premier (document PDF, 189 pages), mené dans 16 quartiers pilotes, évalue la faisabilité d’un abaissement de l’exposition aux radiofréquences ; le second, qui s’est étendu à 9 villes, identifie de nouvelles procédures de concertation et d’information locales pour accompagner l’installation d’antennes.

Entre extension des prérogatives municipales et “modifications d’ingénierie ou d’emplacement” pour abaisser les niveaux d’exposition sans réduire la couverture, de nombreuses pistes sont esquissées, dont certaines déjà évoquées en 2009 lors du Grenelle des ondes.

Le comité (Copic) qui avait vu le jour à cette occasion s’était notamment greffé au groupe d’ingénieurs de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) pour effectuer des relevés au niveau des antennes placées sur les toits parisiens.

Fleur Pellerin était pour sa part intervenue à plusieurs reprises sur ce dossier, rappelant, pour apaiser les tensions, qu’il n’existe actuellement “aucun consensus scientifique sur la dangerosité du phénomène“.

Les experts dépêchés par ses soins s’expriment aujourd’hui en ce sens : “environ 90% des niveaux d’exposition modélisés sont inférieurs à 0,7 volt/mètre et 99%à 2,7 V/m, alors que les valeurs limites réglementaires sont comprises entre 40 V/met 61 V/m pour les fréquences utilisées par la téléphonie mobile“.

Et il y a vraisemblablement encore de la marge pour abaisser ces seuils “sans dégradation significative de la couverture”, par quelques modifications technologiques.

Mais pour retrouver la même qualité réseau, il sera nécessaire de déployer “au moins trois fois plus” d’antennes…

Les experts préconisent par ailleurs d’informer systématiquement les occupants d’un bâtiment avant l’implantation d’une station de base.

Les démarches pourraient s’accompagner d’un campagne sur le modèle de celle menée pour les “5 fruits et légumes par jour”, informant notamment les citoyens sur l’utilité des kits mains-libres et des oreillettes Bluetooth pour réduire les émissions.

Le Copic exhorte enfin les opérateurs à communiquer un “dossier d’information” sur leurs projets d’implantations aux maires, qui devraient également pouvoir exiger que se tiennent “des simulations de champ généré par une future antenne”.

Et d’avertir que l’émergence de la 4G sera synonyme d’une exposition plus forte, de l’ordre de +50%.

* La majorité a opposé son veto à ce projet de loi en votant une motion de renvoi en commission des affaires économiques.

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Crédit photo : Daniel Schweinert – Shutterstock.com


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