Antitrust – Android : Open Internet Project accentue la pression sur Google

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Deuxième plainte d’Open Internet Project contre Google auprès de la Commission européenne. La coalition d’acteurs du numérique vise cette fois Android.

Mise à jour du 9 mars 2017 à 16 h 53 : Microsoft n’est pas, contrairement à ce qu’on aura pu lire ici pendant un temps, membre d’Open Internet Project.

Open Internet Project vient peser dans l’enquête antitrust que Bruxelles mène contre Google sur le volet Android.

L’association professionnelle d’éditeurs de services Internet et de groupes numériques européens* – qui fédère également des acteurs internationaux – a déposé plainte, avant tout pour « maintenir la pression » sur l’entreprise américaine.

Dans les grandes lignes, elle dénonce un abus de position dominante traduit par des restrictions imposées aux fabricants d’appareils mobiles et aux opérateurs de réseaux télécoms, dans l’optique de renforcer une autre position jugée dominante ; en l’occurrence, sur le segment des moteurs de recherche.

On retrouve là les termes que le régulateur européen a employés dans la communication des griefs envoyée en avril dernier à Google pour lui faire part de son avis préliminaire, selon lequel la firme a « artificiellement exclu du marché » des OS concurrents, mais aussi des moteurs de recherche et des navigateurs Web, au travers des restrictions sus-évoquées.

Signée du collectif FairSearch, la première offensive contre Google sur le dossier Android remonte à mars 2013. La Commission avait ouvert une enquête deux ans plus tard, parallèlement à l’envoi d’une autre communication des griefs portant sur le service de comparaison de prix Google Shopping.

Open Internet Project s’est également impliqué dans cette dernière affaire, avec une plainte déposée en 2014 – peu après sa création à l’initiative d’entrepreneurs français et allemands du numérique – auprès de la Direction générale de la concurrence à Bruxelles.

Adaptable… sous conditions

Pour ce qui est d’Android, l’un des angles d’attaque concerne un point que Google s’est gardé d’aborder dans ses réponses à Bruxelles : la question des forks, c’est-à-dire ces versions dérivées de l’OS que les constructeurs et les opérateurs souhaiteraient développer.

Open Internet Project déplore notamment l’interdiction faite, pour les partenaires qui s’engageraient sur cette voie, d’intégrer le Play Store. Et les conséquences sur les développeurs, des « millions d’applications » se trouvant exclusivement sur la logithèque de Google.

Comme le souligne TechCrunch, le dernier rapport annuel d’App Annie pourrait être interprété en la faveur de Google : iOS et Android confondus, les revenus des développeurs ont atteint 89 milliards de dollars en 2016… dont 54 milliards sur des stores Android tiers.

La firme de Mountain View considère que son OS ne nuit pas à la concurrence, mais, a contrario, la stimule. Elle affirme en outre qu’il existe bien, par opposition à ce qu’estime la Commission européenne, une véritable compétition avec iOS (17,9 % des smartphones vendus dans le monde au 4e trimestre 2016 selon Gartner, contre 81,7 % pour Android).

* Plus de 400 membres revendiqués, dont des groupes médias (Axel Springer, Lagardère Active, CCM Benchmark…), des syndicats (éditeurs de contenus en ligne, tour-opérateurs), des associations de défense des consommateurs et des start-up.

(photo d’illustration via Android.com)


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