Antitrust : vers une séparation de l’activité Google Shopping dans l’UE

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Pour satisfaire aux exigences de Bruxelles, Google serait prêt à placer son service de comparaison de prix dans une division financièrement autonome.

« Les réactions du marché seront l’une des choses que nos prendrons en considération. »

Commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager avait tenu ces propos à l’égard d’une proposition soumise par Google le 29 août dernier.

Sanctionné fin juin d’une amende de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante sur le marché de la recherche en ligne, le groupe américain a été prié d’avancer, sous 90 jours, des pistes pour rétablir une concurrence saine basée sur un « traitement égalitaire » des rivaux.

Les rivaux en question, ce sont les services de comparaison de prix. Google est accusé de les avoir rétrogradés dans les résultats délivrés par son moteur… et d’avoir, dans le même temps, favorisé son propre service Google Shopping.

La proposition faite le 29 août se rapproche d’une idée qui avait germé en 2014 sous le nom « Product Listing Ads » et que Bruxelles n’avait pas considérée comme suffisamment viable.

Elle consiste à passer d’un modèle basé sur du référencement naturel à un système d’enchères.

Foundem, dont la plainte déposée en 2009 avait déclenché l’enquête de la Commission européenne, accueille défavorablement ce dispositif, y percevant une barrière supplémentaire : il faudra payer pour apparaître en bonne position dans les résultats, plutôt que de bénéficier d’un référencement sur des critères de pertinence.

La société britannique estime plus globalement qu’un tel système d’enchères ne peut tenir sans une « pleine séparation structurelle » entre Google Shopping et le moteur de recherche généraliste.

À en croire Bloomberg (vidéo ci-dessous), le groupe Internet serait prêt à s’engager sur cette voie en créant, dans l’Union européenne, une division spécifique à Google Shopping, qui enchérirait avec ses propres ressources.

Cette approche, qui pourrait être officialisée jeudi, ne fait pas l’unanimité. Illustration avec Richard Stables. Pour le CEO de Kelkoo, « quiconque affirme que cela va résoudre le problème n’a pas saisi comment fonctionne le marché ».

Crédit photo : Google


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