Antivirus : Kaspersky Lab accuse Microsoft de pratiques anticoncurrentielles

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Kaspersky Lab porte le fer contre Microsoft pour entrave à la concurrence à travers la gestion des antivirus sur les systèmes Windows.

« Ça y est. J’en ai assez ».

Eugène Kaspersky hausse le ton sur son blog personnel.

L’expert en sécurité, fondateur de l’entreprise à laquelle il a donné son nom, attaque ouvertement Microsoft. Il estime que le groupe américain entrave la concurrence par la manière dont elle gère, sur les systèmes d’exploitation Windows, sa solution antivirus Defender face aux offres tierces.

Des plaintes à cet égard ont été déposées auprès de la Commission européenne et en Russie.

D’après Eugène Kaspersky, il se passe la même chose qu’avec les navigateurs Internet et les lecteurs multimédias, deux affaires qui ont valu à Microsoft des sanctions financières : la firme de Redmond exploite la position dominante de son OS pour prendre progressivement la main sur l’écosystème en étouffant les développeurs tiers.

Et de citer Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games : « Si vous plongez une grenouille dans l’eau bouillante, elle en sortira. Mais si vous la mettez dans de l’eau chaude et que vous augmentez doucement la température, elle ne s’en rendra pas compte et terminera bouillie. Beaucoup de grenouilles dans notre industrie ont déjà fini bouillies. »

Étouffés ?

Eugène Kaspersky dénonce plusieurs pratiques, dont la désinstallation automatique, lors du passage à Windows 10, des antivirus non pris en charge, y compris si l’utilisateur choisit de conserver fichiers et applications. Il demande, en conséquence, que les incompatibilités soient clairement signalées avant la mise à niveau et qu’une fois le processus effectué, soit proposée l’installation de versions compatibles de la solution antivirus concernée.

Autre requête : qu’une autorisation soit systématiquement demandée à l’utilisateur pour activer Defender. Ce ne serait, toujours selon le fondateur de Kaspersky Lab, pas forcément le cas en l’état, quand bien même un antivirus tiers satisferait aux critères de compatibilité.

Un autre écueil réside dans le renouvellement des licences. Les notifications préalables à l’échéance resteraient en l’occurrence cachées dans le Centre de sécurité. Les premiers avertissements explicites n’apparaîtraient que trois jours après l’expiration d’un abonnement, laissant le temps à Defender de prendre le relais à défaut de protection.

Affirmant que Microsoft crée, par ce biais, « une illusion de sécurité »*, Eugène Kaspersky pointe aussi du doigt ce « bouton alléchant » mis en avant dans les paramètres de sécurité du système pour inviter l’utilisateur à enclencher Defender même si un autre antivirus est actif.

Le dirigeant porte une ultime charge, déplorant le « peu de temps » laissé aux développeurs entre la sortie d’une préversion de Windows 10 et sa disponibilité générale. Un argument qu’Ars Technica juge discutable au vu du fonctionnement du programme Windows Insider, qui offre une visibilité sur le développement du système d’exploitation.

* Sans apporter, à en croire Eugène Kaspersky, une véritable valeur ajoutée : pas de contrôle parental, de VPN, de gestionnaire de mots de passe, de possibilité de backup, de protection des transactions électroniques…


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