AOL lance sa chaîne haut débit sans cinéma à la carte

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Les abonnés qui espéraient pouvoir acheter des films en ligne sur le nouveau portail haut débit d’AOL devront se contenter des bandes annonces. Il n’existe pas encore de modèle économique pour ce type de service selon le FAI américain qui préfère capitaliser sur les concerts privés et interviews de stars.

Avec la démocratisation du haut débit, notamment l’ADSL, les services de type broadband fleurissent sur le Net. Et notamment sur les portails des fournisseurs d’accès (FAI). AOL ne déroge pas à la règle et lance aujourd’hui, mardi 17 juin 2003, sa chaîne haut débit. Ouverte exclusivement aux abonnés AOL, mais particulièrement destinée aux clients des offres haut débit (ADSL 128 et 512, câble), la chaîne Haut Débit s’articule autour du loisir et de l’information à travers quatre grandes thématiques généralistes : cinéma et télévision, musique, jeux, informations et sport.

Ecoute de musique (une offre payante de téléchargement en partenariat avec e-Compil doit prochainement voir le jour), accès aux journaux télévisés en ligne (le Six minutes de M6, Equipe TV ainsi que les chaînes américaines CNN, ABC News et Sports Illustrated), visionnage de bandes annonces, location de jeux (avec Metaboli)… On est loin du cinéma à la carte proposé par le câblo-opérateur Noos (voir édition du 1er février 2002) ou Club-Internet (voir édition du 24 octobre 2002). “Les internautes ne sont pas prêts à payer pour du contenu en ligne”, explique Gwenaëlle Mordelet, directrice des contenus et services haut débit, “tant qu’il sera encore possible de trouver gratuitement des films en ligne, même illégaux, le modèle économique pour ce type de contenu ne sera pas évident à trouver.”

Séduire de nouveaux clients et retenir les abonnés actuels

Pourtant, la télévision à la carte avec vidéo club à domicile apparaît comme un service stratégique aux yeux de certains. TF1 et LDCom, avec le projet de télévision ADSL DreamTV, Free, et ses modem Freebox prévus pour recevoir des contenus audiovisuels, semblent convaincus. Tout comme France Télécom, qui expérimente des services de diffusion audiovisuelle sur Lyon, ou France Télévision et Canal+ qui ne cachent plus leur intérêt pour la paire de cuivre. “C’est une question de maturité du marché”, avance la directrice des contenus chez AOL France, “dès que les systèmes de protection des contenus seront en place, nous pourrons envisager des films à la carte.” Gwenaëlle Mordelet pense également qu’une nouvelle génération d’utilisateurs moins familiarisés avec l’informatique sera séduite par la simplicité d’usage des outils et services Internet. Autrement dit, ces futurs consommateurs seront prêts à payer pour visionner un film à partir du portail de leur fournisseur d’accès plutôt que de s’embêter à le télécharger avec Kazaa.

En attendant cette nouvelle génération, AOL tente de se positionner sur le marché du divertissement haut débit avec des contenus originaux et exclusifs. Notamment via des concerts “privés” (comme celui de Morcheeba prévu ce soir pour l’inauguration de la chaîne haut débit en France), des avant-premières (le nouvel album de Madonna aux Etats-Unis) ou des interviews de personnalités. “C’est un facteur de rétention fort aux Etats-Unis”, justifie la responsable des contenus, même si cette démarche vise tout autant à séduire de nouveaux clients (quitte à aller les chercher chez les concurrents) qu’à retenir les abonnés actuels. Exercice périlleux. Selon un article du Washington Post (daté du 4 juin 2003), AOL aurait perdu 1 million d’abonnés dans le monde en un an. Une désaffection qui ne touche ni AOL France, ni le reste de l’Europe, selon Gwenaëlle Mordelet.


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