AOL livre son Instant Messenger à Mac OS X

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Après une semaine de combat acharné, la persistance d’AOL à vouloir bloquer Fire, le logiciel d’accès à son service de messagerie instantanée, est enfin expliquée : la firme vient de lancer son propre client de messagerie instantanée, AIM Mac OS X. Conséquence, le support d’AOL est abandonné par Epicware, l’éditeur de Fire.

AOL a lancé son propre client de messagerie instantanée sur Mac OS X : AIM. Le logiciel, disponible en version bêta, reprend l’interface connue de ses utilisateurs mais il lui manque deux des fonctionnalités disponibles sur Mac OS 9 : la parole et l’échange de fichiers. AOL annonce que son client est “optimisé pour Mac OS X, s’est entiché de l’interface Aqua du système et est aussi facile à utiliser que les versions précédentes”. La version ne dispose pas de quelques autres de ses attractions habituelles : les images, les icônes ou encore les smileys. L’apparition de ce logiciel explique mieux l’acharnement de la firme à empêcher le fonctionnement du premier client de messagerie instantané disponible sur Mac OS X, Fire.

La semaine dernière, dans le premier épisode de la bataille des premiers clients de chat sur Mac OS X, juste après la sortie du nouveau système d’exploitation, cette application permettant d’utiliser plusieurs messageries instantanées avait fait son apparition sur le marché. Fire, d’Eric Peyton, édité par Epicware, permet d’utiliser simultanément les services d’AOL Instant Messenger, d’ICQ, de Yahoo, d’IRC, de MSN et le Jabber IM. Fire a depuis son lancement été assez bien reçu par les utilisateurs, l’application fonctionnant de manière très élégante en tâche de fond et permettant d’utiliser différents services sans nécessiter l’emploi de multiples logiciels de messagerie instantanée. Le nom du logiciel s’est d’ailleurs enrichi depuis le lancement, Fire prenant la signification suivante : “Fast Internet response Exchange/Engine” (moteur ou échange de réponse rapide sur Internet).

Epicware jette l’éponge

Son utilisation a été l’objet de vives controverses outre-Atlantique : AOL a pris comme prétexte sa volonté de garantir la sécurité de l’utilisation de ses services pour bloquer le fonctionnement du logiciel (voir édition du 28 mars 2001). En fait, selon SourceForge, qui relève des problèmes similaires pour le clone d’AOL Instant Messaging GAIM fonctionnant sur PC sous Linux ou Unix BSDS, la firme utilise une clé changée quotidiennement et nécessitant l’utilisation de aim.exe, un élément de l’AIM d’AOL. Pour parer à cette manoeuvre, il faudrait que les clones d’AIM puissent fondre aim.exe dans leur bibliothèque d’accès au service. La bibliothèque de Fire a dû être modifiée et fournie à nouveau plusieurs fois par son auteur pour contourner le barrage du géant de l’accès à Internet. Ces difficultés techniques et l’apparition du client de messagerie d’AOL ont finalement provoqué l’abandon d’Epicware qui ne propose plus la compatibilité. Cette bataille doit être remise en perspective : l’enjeu pour AOL est de taille. La firme bénéficie en effet de l’apport substantiel de la publicité par le biais de son service et dispose d’une des premières bases installées d’utilisateurs de messagerie au monde. Garder le monopole de son service sur Mac comme sur PC et préserver l’investissement de développement de son propre client sont donc des impératifs incontournables.

Pour en savoir plus :

* Le site GAIM de Source Forge (en anglais)

* Le nouvel AIM d’AOL en version bêta pour Mac OS X (en anglais)

* Le site d’Epicware (en anglais)


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