AOL pourrait quitter le business de l’accès Internet en Europe

Mobilité

La partie ISP dans les trois pays d’implantation serait cédée, tout en gardant le modèle du portail. En France, quatre opérateurs regardent le dossier.

Les spéculations autour d’une possible cession des branches d’AOL Europe (Royaume-Uni, France et Allemagne) vont bon train. Le 14 mai, à l’occasion d’une séance de questions-réponses en marge de la conférence Media & Telecom de Deutsche Bank Securities à New York, Jonathan Miller, président d’AOL, a indiqué que son groupe n’avait pas de projet de vente de ses divisions européennes.

Néanmoins, il a laissé entendre que son groupe n’avait pas forcément vocation à garder le statut de fournisseur d’accès Internet. La division Internet du groupe Time Warner pourrait se concentrer sur l’exploitation de contenus en ligne et en ne comptant que sur les retombées publicitaires de portails, sur le modèle de Yahoo (voir édition du 11 avril 2006).

AOL “pourrait maintenir ou pourrait ne pas maintenir” ses activités d’ISP en Europe, a commenté Jonathan Miller. Contacté par Reuters, Carlo d’Asaro Biondo, PDG d’AOL France, précise de son côté “qu’AOL Europe examine des partenariats dans la fourniture d’accès à Internet”. AOL Europe compte presque 6 millions de clients en Europe.

Tous les FAI français en lice pour la reprise, sauf France Télécom

Les groupes télécoms du vieux Continent commencent à regarder les cibles potentielles. Côté britannique, BskyB et BT se montreraient candidat à la reprise d’AOL UK. Selon Les Echos, la “proie” AOL France intéresse des concurrents comme Deutsche Telekom (Club Internet), Neuf Cegetel et Iliad (Free). Reuters reprend le flambeau en ajoutant Telecom Italia comme prétendant. L’opérateur transalpin, présent en France avec la marque d’accès Internet Alice, étudierait aussi le rachat des activités Internet d’AOL en France et en Allemagne.

Bref, tout le gotha de l’accès Internet (hormis France Télécom) prend l’affaire à coeur. On peut le comprendre : AOL France disposerait d’une base de 500 000 abonnés haut débit et 450 000 en bas débit (niveau revendiqué en mars).

Compte tenu du environnement concurrentiel très âpre, les services d’accès ne peuvent réellement faire changer leur part de marchés qu’en effectuant un grand bond de clients ADSL.

En qualité de partenaire réseaux privilégié d’AOL, Neuf Cegetel serait l’un des pretendants les mieux placés. A la fin du premier trimestre, le FAI avait lancé une offre en dégroupage total en s’appuyant sur les tuyaux de l’opérateur d’opérateur (voir édition du 2 mars 2006). Télé2 France vient de franchir le pas avec ce même partenaire télécoms (voir édition du 13 juin 2006).


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