AOL va ouvrir sa messagerie instantanée

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AOL indique être sur le point de conclure un accord avec un autre grand fournisseur de messagerie instantanée dans le but de tester l’interopérabilité de sa solution AIM. Le géant américain détaille ses plans dans un rapport rendu à la FTC américaine dans le cadre du contrôle de sa fusion avec Time Warner. L’ouverture d’AIM constituerait une grande première.

Interopérabilité : le terme sera souvent répété, accolé au nom de la messagerie instantanée d’AOL, AIM (AOL instant messenger). Laquelle a remporté un succès à faire pâlir les concurrents du géant américain, qui n’ont d’ailleurs pas tardé à lui emboîter le pas. Ils pouvaient développer leur solution dans leur coin, mais pas question de permettre la communication avec AIM. AOL a toujours farouchement défendu AIM des autres messageries instantanées, déconnectant celles qui parvenaient à la fameuse interopérabilité. Rappelons que l’américain détient aussi ICQ, une des messageries instantanées les plus utilisées. Les voix se sont élevées contre AOL et son emprise qualifiée de monopolistique sur ce marché : on a ainsi assisté au lancement d’une pétition (voir édition du 9 juin 2000) ou encore à la création d’un groupement par les concurrents (voir édition du 27 juillet 2000). L’ouverture d’AIM à la concurrence fut même évoquée comme condition à la fusion de la société avec Time Warner. Finalement, la Federal communications commission (FCC) rendait une décision mi-figue, mi-raisin, imposant des obligations uniquement si AOL décidait de lancer des services de messagerie instantanée basés sur des connexions à haut débit (voir édition du 15 janvier 2001). Pour autant, AOL doit depuis fournir tous les trois mois un rapport à la FCC sur l’avancement de ses travaux sur l’interopérabilité. C’est ce qu’elle vient de faire, indiquant par cette occasion qu’elle était sur le point de conclure un accord avec le distributeur d’une messagerie instantanée concurrente.

Des obstacles à l’interopérabilité ?

“AOL prévoit de finaliser sa passerelle, installer le code mis à jour sur ses serveurs de production et commencer à développer un client final qui supporte l’interopérabilité”, note le rapport cité par Reuters, qui poursuit plus bas : “AOL teste actuellement en interne ses composants de base pour l’interopérabilité et se prépare à tester sa solution globale d’interopérabilité avec un fournisseur extérieur.” Barry Schuler, le PDG d’AOL, s’exprimant cette semaine lors de la CTAM broadband conference, expliquait ainsi que le rapporte CNet que le lancement “n’a pas été retardé, il est juste difficile à réaliser”, précisant qu’AOL “s’était engagé à lancer un test du système cet été”. Afin de justifier les réserves d’AOL, Barry Schuler a expliqué qu’il avait “constamment dit qu’il existait un certain nombre de difficultés avec l’interopérabilité. L’une est la sécurité, l’autre est que personne n’est jamais parvenu à la faire fonctionner.” Les objections à cette dernière affirmation ne devraient pas manquer, on connaît en effet plusieurs messageries instantanées qui se targuent d’être interopérables avec les principales solutions existantes. Toujours cité par CNet, le PDG d’AOL ajoute : “Si c’est si simple à faire, pourquoi Microsoft ne l’a-t-il pas fait ? Pourquoi Yahoo ne l’a-t-il pas fait ?”


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