AOL/NC : du haut débit limité à 50 heures par mois

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Du jamais vu sur le câble : un forfait avec une durée de connexion limitée. La nouvelle offre d’AOL donne droit à 50 heures de haut débit par mois pour 199 francs, avec un volume de données échangées limité à 1,5 Go. Un prix attractif mais une offre qui ressemble beaucoup à un pas en arrière. D’autant plus qu’on ne pensait pas les liaisons Internet par câble pouvaient subir les mêmes désagréments techniques que les connexions RTC.

AOL n’est pas seulement présent sur les lignes téléphoniques, il est aussi fournisseur d’accès haut débit en passant par NC Numéricâble. Et le FAI sort justement un nouveau forfait sur le câble à la fin du mois, qui vient compléter celui à 299 francs par mois donnant droit à une connexion illimitée en temps avec un forfait émission/réception de 3 Go. Première déception : avec la nouvelle offre “découverte”, la limite en données échangées repasse à 1,5 Go comme c’était le cas avant février (voir édition du 2 février 2001). Deuxième déception, et de taille : l’instauration d’une limite en nombre d’heures de connexion, en l’occurrence 50 heures. Passé ce quota, l’heure supplémentaire sera facturée 18 francs, soit 30 centimes la minute. Seul le débit maximum reste le même avec 512 kbits/s en réception et 128 en émission. Avec ces conditions, AOL propose son forfait “découverte” à 199 francs, location du modem comprise. De plus, lors des deux premiers mois suivant le lancement de l’offre le 30 mars prochain, le raccordement au câble et l’installation du modem et du kit AOL sont offerts, alors qu’il faut habituellement débourser 700 francs pour la prestation.

L’accès haut débit le moins cher du marché

A 200 francs par mois, le prix de l’offre “découverte” défie toute concurrence, puisque l’accès “haut débit” le moins cher actuellement est proposé par Club-Internet avec son pack à 295 francs. Mangoosta faisait légèrement mieux avec 290 francs mais il vient de le passer à 390 francs (voir édition du 21 mars 2001). AOL par Numéricâble propose aussi une offre à 299 francs par mois qui permet de combiner le forfait “découverte” avec un accès aux chaînes de base de la télévision numérique par le câble.

La Ligue de protection des internautes câblés (LPIC) se bat contre AOL depuis de longs mois, ses membres ne comprennent pas l’intérêt de la nouvelle offre. “On ne s’y attendait vraiment pas”, avoue Pierre-Jean Duvivier, responsable de la LPIC, pour qui “ce n’est pas une manière de résoudre les difficultés techniques”. Les adhérents de l’association se plaignent de débits faibles en soirée et de pings élevés. La nouvelle offre les inquiète : “En décembre dernier, AOL avait diffusé une enquête à un panel. Une question laissait le choix entre un forfait avec accès illimité et une vitesse de connexion deux fois supérieure à la moyenne ou 30 heures d’accès avec une vitesse dix fois supérieure à la moyenne,” se souvient Pierre-Jean Duvivier, qui souligne qu’un scan du questionnaire est disponible sur le site de la LPIC. “J’ai peur que ce soit la différence entre l’offre ‘découverte’ et les autres forfaits : les offres illimitées risquent d’être bridées.” Du côté d’AOL, on dément farouchement. “Ce sera la même chose entre les deux forfaits”, affirme une porte-parole qui insiste sur la volonté de “démocratiser l’Internet” d’AOL. “C’est une offre unique”, souligne-t-elle. Unique mais limitée. “C’est obligatoire par rapport au câble”, se justifie la voix d’AOL, qui répète : “50 heures, c’est largement au-dessus des besoins du public familial que nous visons.”Noos reste sur la voie de l’illimité

Chez le concurrent Noos, on ne partage pas du tout le même avis : “Nous ne sommes pas dans la même voie, la seule limite que nous imposons est une limitation de la consommation.” Le forfait à 300 francs de Noos autorise l’émission de 250 Mo par mois, au-delà le Mo supplémentaire est facturé 1,50 franc. “La connexion permanente est associée à l’image de la marque”, explique un porte-parole qui ajoute : “Nous n’irons pas vers le genre d’offre proposée par AOL, pour nous, aller sur Internet doit être comme allumer sa télévision.” Tout comme AOL par NC Numéricâble, Noos a son association d’utilisateurs mécontents, Luccas (les utilisateurs de cybercâble associés). Bertrand Penn, son président, ne comprend pas non plus la stratégie d’AOL. “Je dirais que c’est suicidaire”, lâche-t-il. D’après lui le nouveau forfait correspond à une opération marketing, pas à une solution technique pour lutter contre la saturation de la bande passante. “Normalement, l’évolution des forfaits est positive, or là on était déjà à une connexion sans limite de durée. Je ne vois pas.” Décidément, personne ne semble trop comprendre la démarche d’AOL. “Pour moi cela confirme l’idée que le câble n’est pas un concurrent de l’ADSL”, estime Nicolas Degand de la LPIC, “il n’y a pas de concurrence, ni avec la BLR d’ailleurs, c’est à la fois dommage et sombre.”


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