Apple : une transition matérielle et logicielle vers le 64 bits

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L’utilisation du PowerPC 970 dans les machines d’Apple marque le début d’une nouvelle phase de transition pour les utilisateurs de Mac : le passage du 32 au 64 bits. Le nouveau processeur d’IBM dispose des ressources nécessaires pour réaliser cette soudure, tandis que le l’OS d’Apple ne devrait migrer que progressivement.

A l’émoi des observateurs d’Apple ont succédé les atermoiements : d’une part, si le PowerMac G5 est bien le premier ordinateur de bureau 64 bits, il fonctionne aussi en 32 bits. D’autre part, la prochaine version Panther de Mac OS X (voir édition du 27 juin 2003) ne serait qu’à moitié optimisée pour ledit processeur ! La nouvelle a soulevé une vague de questions-réponses chez les aficionados et détracteurs du Mac. Pour ajouter à la confusion, les premières rumeurs concernant les prochaines générations de puces IBM fleurissent. En résumé, Apple n’utilise qu’en partie le potentiel du PowerPC 970. La version du système qui a servi aux démonstrations de la WWDC était numéroté 10.2.7. les forums n’ont pas tardé a conclure que les G5 seraient livrés avec cette mouture, au nom de code Smeagol (du nom de la créature du Seigneur des Anneaux), dont seule la gestion de la mémoire a été modifiée, pour tirer parti des 8 Go disponibles sur la nouvelle machine. Nos confrères de The Register, jetent de l’huile sur le feu en affirmant que la prochaine version de Mac OS X, Panther, ne sera pas 64 bits.. L’existence d’un “pont matériel”, destiné à assurer la compatibilité logicielle, marque surtout la volonté d’Apple d’éviter une nouvelle migration, matérielle cette fois-ci, qui pourrait être néfaste à la firme. Le constructeur se trouve en effet au milieu d’un premier mouvement de migration de ses utilisateurs vers Mac OS X et ne peut se permettre d’abandonner ceux qui viennent de s’y jeter, en lançant une machine incompatible.

Apple poussée par la concurrence

Une telle stratégie de la part de Big Blue, si elle s’avère, justifie la formule de transition en douceur vers le 64 bits retenue par Apple pour Mac OS X. Il se dit que des pans entiers de l’OS, comme les fonctions de réseau, le système de fichiers, certaines bibliothèques utilisées par les développeurs, pourraient ainsi fonctionner en 64 bits assez rapidement. La concurrence d’autres systèmes d’exploitation 64 bits, comme la version de Windows pour AMD ou les efforts d’Intel dans le 32 bits constituera une motivation de plus pour Apple (voir encadré). De plus, Big Blue semble bien décidé à s’appuyer sur les volumes de puces 64 bits PowerPC fabriquées pour faire progresser à moindres frais son architecture pour serveurs POWER. D’autre part, Apple laisse entendre qu’elle aurait été depuis longtemps associée à la conception, ce qui ajoute aux économies sur les coûts de recherche et développement (voir édition du 18 février 2003). Une stratégie de famille semble donc se dessiner chez IBM, qui a laissé entendre qu’il voulait en découdre avec Intel. Le point de rupture de cette stratégie semble devoir intervenir vers 2005 ou 2006 : à cette date, les ordinateurs 64 bits devraient avoir atteint une maturité leur permettant de distancer les machines 32 bits, en fournissant de nouvelles ressources impossibles à obtenir sur 32 bits. IBM semble vouloir faire un coup d’éclat en poussant les architectures jumelles POWER et PowerPC, tandis qu’AMD et Intel risquent de devoir s’engager dans une lutte à couteaux tirés pour relancer leurs ventes de processeurs et leurs architectures respectives : X86, X86 32-64 et EPIC ! Le soutien d’IBM à AMD tend à valider cette hypothèse : Big Blue pourrait bien faire sien l’adage selon lequel il faut diviser pour mieux régner…


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