Apple : de bonnes perspectives pour 2002

Mobilité

La firme a tout fait pour que ses résultats au 31 mars 2002 soient dopés par des ventes records. Au milieu d’annonces de résultats chancelants de la part de ses compétiteurs, la firme à la Pomme a multiplié les lancements pour disposer d’un excellent second trimestre financier 2002. Démonstration.

La firme de Cupertino pourrait bien sortir de ses usines de 750 000 à 950 000 machines équipées de G4 et près de 250 000 G3, soit près de 1 million de machines sur un trimestre ! Cette estimation prend en compte l’historique de ses résultats sur les années passées et y intègre les annonces de commandes lâchées publiquement. Elle est due à l’effet cumulé du remaniement des gammes iBook et PowerBook (qui s’est vu doté d’un lecteur combo), du remaniement du PowerMac G4 et du lancement de l’iMac G4, dont la conception constitue l’élément clé de la vente. Il semble possible que l’iPod entre également pour une part importante dans les niveaux de vente attendus, en fonction de la capacité d’Apple à inciter ses clients à des achats combinés. La part relative de la marge brute dégagée par l’iPod pourrait augmenter en raison de la baisse des coûts de composants (alors que la hausse des composants des ordinateurs pourrait en revanche “manger” un peu la marge des iMac notamment). Mais l’avenir du lecteur MP3 de la firme est hypothéqué par les revendications de l’auteur de son système d’exploitation, Pixo, qui se sentirait lésé par les revenus tirés de la licence de son produit auprès d’Apple, selon le site américain Thinksecret. Maintenant que le produit est un succès…

Les niveaux de marge dégagés par Apple sur ses autres produits pourraient s’enfoncer légèrement, en raison de l’effort que l’entreprise réalise actuellement pour accroître ses ventes. Elle s’appuie désormais sur un système de production externalisé à près de 80 %. Elle a amélioré sa logistique pour livrer en moins de cinq jours sur le continent américain et dans des délais qu’elle cherche à raccourcir sur les autres continents. Enfin, elle dispose désormais d’un véritable réseau de distribution composé de vingt-sept magasins aux USA, réseau qu’il est prévu d’étendre dans l’année mais peut-être pas au delà des frontières nord-américaines. Même si “il ne faut jamais dire jamais” disait à ce propos Pascal Cagni, Directeur Europe d’Apple, dans une interview donnée à l’International Herald Tribune du 28 janvier.

La caisse de résonance créée lors de MacWorld (voir édition du 8 janvier 2002), l’optimisation de sa force de frappe, le renouvellement rapide de ses produits et la nécessité pour la firme de faire adopter diligemment son nouveau système d’exploitation Mac OS X par un nombre croissant d’utilisateurs et d’éditeurs, tout cela l’oblige à peser de tout son poids pour accroître ses ventes malgré la récession. A fin janvier, on peut donc prévoir qu’Apple devrait annoncer des niveaux de vente records, sans doute proches de ceux du premier trimestre 2000 qui avaient été les meilleurs de l’histoire de la firme. Apple ne les dépassera toutefois sans doute pas, en raison d’un possible report des achats de ses clients professionnels sur la gamme PowerMac, probablement amenée à être modifiée à nouveau dans le courant 2002. Mais l’horizon d’Apple semble beaucoup plus clair aujourd’hui que celui de la plupart de ses concurrents et pourrait s’améliorer encore progressivement dans le courant de l’année avec l’introduction de machines dotées d’un processeur 64 bits (voir édition du 14 novembre 2001) et du logiciel système utilisant ses capacités.

Le danger Motorola

Un seul véritable risque pèse maintenant sur Apple : la survie de son fournisseur principal de processeurs, Motorola, qui s’est sans doute lui-même coupé les ailes (voir édition du 5 juillet 2001). Le fondeur est dans une très mauvaise passe dont ne le sortiront sans doute pas les seules machines équipées de ses puces vendues par Apple, même si elles représentent une commande de 750 000 puces. Mais si Motorola tombe, au moins un autre sous-traitant pourrait alors dépanner la Pomme : IBM. Mais d’autres cartes (comme la sous-traitance des processeurs auprès d’AMD) ne sont pas encore abattues. Et l’étude de la stratégie de transmutation de son OS laisse à penser qu’Apple s’est ménagé une porte de sortie vers les processeurs X86, bien qu’elle ne le dise pas. Ces quelques nuages ne barrent cependant pas vraiment la route de la croissance d’Apple pour 2002. Pour le moment, la firme vit dans l’euphorie…


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