Apple l’emporte sur Dell dans l’éducation

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Comme à la parade : près de dix mois après s’être trouvée bousculée par Dell sur son marché de prédilection, la Pomme retrouve sa place sur le bureau des professeurs. Refonte du système commercial, stratégie d’enveloppement par les bureaux d’administration, réintégration de la spécialiste des technologies utilisées à l’école. Dans ce paysage, la France fait toujours figure d’exception.

Si la place de la firme de Cupertino sur le marché mondial de l’éducation est de 14 %, sa position sur le marché américain est de 26 %, selon une étude de l’année 2000 réalisée par IDC. Fortement chahutée en fin d’année 2000, la valeur de cette estimation est sujette à caution. Le cabinet QED a remis son travail sur l’établi pour obtenir une photographie du paysage des technologies à l’école pour 2001. Sa méthode consiste à réaliser des projections sur la base d’un échantillon de quinze districts éducatifs américains. Une des méthodes les plus fiables, mais qui a ses limites, celle de la représentativité des districts choisis. Mais QED n’est pas novice en la matière : la firme fait ce type d’étude depuis quinze ans. Et son état des lieux des nouvelles technologies dans le système éducatif américain est tout autre que celui que Dell a voulu dépeindre dernièrement (voir édition du 18 juin 2001). Sur les trois premiers compétiteurs, Apple est en tête aussi bien en termes de parts de marché (avec environ 3 millions d’ordinateurs installés contre 1,5 million pour Dell) qu’en termes d’intentions d’achats pour 2001 ! La firme devrait pouvoir écouler environ 400 000 Mac cette année (270 000 pour Dell).

Implication dans l’éducation

La différence entre Cupertino et ses concurrents sur ce marché est notoire : la firme s’implique dans le secteur comme peu d’autres le font. La présence et la domination d’Apple dans les écoles, tout du moins aux Etats-Unis, n’est pas due au hasard : l’entreprise californienne a réalisé un très important suivi des besoins du corps professoral pendant des années (voir encadré). Les années 80 et 90 ont vu plusieurs de ces programmes se développer aussi bien aux Etats-Unis que dans quelques pays à l’étranger. En Europe, c’est le Royaume-Uni et les Pays-Bas qui ont essentiellement pu profiter des retombées de ces avancées. Cette démarche reste à faire ailleurs. En France, le “plan informatique pour tous” lancé par Laurent Fabius au début des années 80 a enfermé le ministère dans une stratégie monosystème, compatible PC, initiée pour défendre l’industrie informatique française (essentiellement Bull, Thomson et Goupil, qui ont tous trois disparu ou abandonné le secteur depuis).

La tendance n’a pas changé depuis (voir édition du 29 juin 2000). Les directives de l’administration centrale précisent que l’Education nationale préconise l’emploi de compatibles mais laisse aux chefs d’établissement la responsabilité d’un autre choix. “Le niveau minimal de matériel exigé par le ministère de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie est équivalent à celui d’un Pentium 233 MHz MMX, avec Ram 32 Mo, disque dur d’au moins 2 Go et lecteur cédérom. Le prix de base de ces matériels ne dépasse pas 8 000 F TTC”, indique la circulaire numéro 98-133 du 22 juin 1998. Cette politique alliée à l’intégration forte du système de Microsoft sur les PC ont amené le secteur français de l’éducation à être particulièrement dépendant de ce seul système d’exploitation. Une position monopolistique qui serait jugée déplacée dans d’autres secteurs et qui a déjà été dénoncée par plusieurs enseignants et chercheurs, comme Roberto Di Cosmo, membre de l’Ecole Normale Supérieure et du CNRS et l’un des promoteurs du logiciel libre en France.

Si la place de la firme de Cupertino sur le marché mondial de l’éducation est de 14 %, sa position sur le marché américain est de 26 %, selon une étude de l’année 2000 réalisée par IDC. Fortement chahutée en fin d’année 2000, la valeur de cette estimation est sujette à caution. Le cabinet QED a remis son travail sur l’établi pour obtenir une photographie du paysage des technologies à l’école pour 2001. Sa méthode consiste à réaliser des projections sur la base d’un échantillon de quinze districts éducatifs américains. Une des méthodes les plus fiables, mais qui a ses limites, celle de la représentativité des districts choisis. Mais QED n’est pas novice en la matière : la firme fait ce type d’étude depuis quinze ans. Et son état des lieux des nouvelles technologies dans le système éducatif américain est tout autre que celui que Dell a voulu dépeindre dernièrement (voir édition du 18 juin 2001). Sur les trois premiers compétiteurs, Apple est en tête aussi bien en termes de parts de marché (avec environ 3 millions d’ordinateurs installés contre 1,5 million pour Dell) qu’en termes d’intentions d’achats pour 2001 ! La firme devrait pouvoir écouler environ 400 000 Mac cette année (270 000 pour Dell).

Implication dans l’éducation

La différence entre Cupertino et ses concurrents sur ce marché est notoire : la firme s’implique dans le secteur comme peu d’autres le font. La présence et la domination d’Apple dans les écoles, tout du moins aux Etats-Unis, n’est pas due au hasard : l’entreprise californienne a réalisé un très important suivi des besoins du corps professoral pendant des années (voir encadré). Les années 80 et 90 ont vu plusieurs de ces programmes se développer aussi bien aux Etats-Unis que dans quelques pays à l’étranger. En Europe, c’est le Royaume-Uni et les Pays-Bas qui ont essentiellement pu profiter des retombées de ces avancées. Cette démarche reste à faire ailleurs. En France, le “plan informatique pour tous” lancé par Laurent Fabius au début des années 80 a enfermé le ministère dans une stratégie monosystème, compatible PC, initiée pour défendre l’industrie informatique française (essentiellement Bull, Thomson et Goupil, qui ont tous trois disparu ou abandonné le secteur depuis).

La tendance n’a pas changé depuis (voir édition du 29 juin 2000). Les directives de l’administration centrale précisent que l’Education nationale préconise l’emploi de compatibles mais laisse aux chefs d’établissement la responsabilité d’un autre choix. “Le niveau minimal de matériel exigé par le ministère de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie est équivalent à celui d’un Pentium 233 MHz MMX, avec Ram 32 Mo, disque dur d’au moins 2 Go et lecteur cédérom. Le prix de base de ces matériels ne dépasse pas 8 000 F TTC”, indique la circulaire numéro 98-133 du 22 juin 1998. Cette politique alliée à l’intégration forte du système de Microsoft sur les PC ont amené le secteur français de l’éducation à être particulièrement dépendant de ce seul système d’exploitation. Une position monopolistique qui serait jugée déplacée dans d’autres secteurs et qui a déjà été dénoncée par plusieurs enseignants et chercheurs, comme Roberto Di Cosmo, membre de l’Ecole Normale Supérieure et du CNRS et l’un des promoteurs du logiciel libre en France.


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