Apple rate son deuxième trimestre ?

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Quinze jours après leur annonce, force est de constater que les résultats financiers la Pomme sont décevants. L’entreprise vend peu de Mac, rate ses ventes d’iPod et les performances de son iTunes Music Store sont remises en question.

Avec le recul, le deuxième trimestre fiscal d’Apple n’a rien d’élogieux, à l’inverse de ce que la plupart des commentateurs ont pu annoncer. Certes, la firme n’est pas dans le rouge ; les ventes de son baladeur vedette sont phénoménales, son chiffre d’affaire fait un bond de 29 %, établissant le deuxième meilleur second trimestre financier depuis 4 ans. Apple n’a pas non plus de dette et son bas de laine (3,75 milliards d’euros) la préserve d’une OPA, lui permet de dégager des revenus financiers, et lui fournit des réserves pour réaliser des acquisitions. Mais comparées au reste de l’industrie, les carences de ventes de la firme ont maintenu le chiffre d’affaires dans une fourchette relativement basse. Les 29 % de croissance masquent un ratage opérationnel dont les conséquences entachent les performances financières de l’entreprise. La firme fait nettement moins bien dans presque tous les domaines : sa locomotive potentielle par exemple, le PowerMac (voir édition du 4 juillet 2003), n’est pas à la hauteur espérée. Les chiffres des ventes s’établissent à 174 000. Et toutes ces machines ne sont pas des G5 : Apple vend encore beaucoup de PowerMac G4 pour ceux qui veulent pouvoir démarrer sous Mac OS 9. Pour parachever le tableau, la croissance des ventes de ces machines d’une année sur l’autre n’est que de 12 %, tandis que le reste de l’industrie fait mieux (13 %) et que les ténors ont des taux de progression compris entre 16 et 35 %, selon le cabinet de recherche Gartner !

Moins bien que le reste de l’industrie

Dans les autres segments Apple ne fait pas mieux : les ventes du fleuron, de ses ordinateurs personnels, l’iMac, baissent de 15 %, et celles du PowerBook de 5 % ! Seul l’iBook G4, enregistre une progression de 51 % grâce à ses prix ficelés. Globalement, la firme fait moins bien que le reste de l’industrie. Et les commentaires rassurant de Fred Anderson, son directeur financier qui doit prendre sa retraite à l’été, ne sont pas forcément de bon augure : la direction des finances d’Apple s’attache plus à la croissance des revenus qu’à son optimisation, qui demanderait que toutes les opérations entreprises par la firme donnent des résultats tangibles. En fait, si Fred Anderson peut être crédité d’une excellente gestion financière, celle-ci est freinée par les opérations des autres directions d’Apple, qui capotent les unes après les autres. Ainsi de l’Xserve G5 (voir édition du 10 mars 2004), introduit début janvier, dont les premières contributions ne se feront sentir que fin juin ! Ainsi des iPod Mini, dont les estimations de ventes ont été faites au petit bonheur la chance, qui sont livrés en retard à leurs clients (voir édition du 25 mars 2004), et qui n’apporteront véritablement leur tribut qu’à l’automne, quand ils pourront être achetés partout dans le monde.

Même l’iTunes Music Store, malgré sa position de numéro 1 des magasins de vente de musique en ligne et en dépit de l’excédent dégagé pour le trimestre passé, fait les frais de la mauvaise gestion des opérations de la firme. La progression de ses ventes ralentit sur le dernier trimestre, et le cap des 70 millions de titres vendus a été passé grâce aux 5 millions de titres qui relevaient de l’opération marketing avec Pepsi. Celle-ci s’avère décevante : un taux de retour de 5 % quand, selon AppleInsider, Apple attendait un niveau proche de 25 %. Malgré ces signaux d’alarme, la direction d’Apple tarde à fluidifier la gestion de ses opérations pour doper la progression de son chiffre d’affaires. Non, le second trimestre fiscal de la Pomme ne permet certainement pas de chanter victoire !

Article modifié le 04/05/04.


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