L’Apple Watch laisse les analystes dans l’expectative

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La banque d’investissement américaine Piper Jaffray estime qu’il faudra du temps à l’Apple Watch pour atteindre son plein potentiel sur le marché des montres connectées.

Il n’y a pas que la date de sortie de l’Apple Watch qui fasse débat. Son potentiel sur le marché des montres connectées suscite aussi les interrogations. Et le doute commence à planer chez certains analystes.

Pour Gene Munster, de la banque d’investissement américaine Piper Jaffray, il faut s’attendre à un démarrage difficile, le temps pour les développeurs d’alimenter la logithèque rattachée à la smartwatch d’Apple (sachant qu’ils ont accès au SDK WatchKit depuis la mi-novembre). L’absence de fonctionnalités “révolutionnaires” pourrait aussi avoir un impact significatif sur les ventes. C’est sans compter les efforts que la firme de Cupertino devra déployer pour familiariser le grand public à ce nouveau type d’appareil : la transition serait en l’occurrence moins naturelle qu’avec les smartphones et les tablettes.

Dans l’état actuel, Gene Munster émet des prévisions réservées : il table sur 10 millions d’exemplaires vendus en 2015, au prix moyen de 500 dollars, ce qui augmenterait d’environ 3 % le chiffre d’affaires global d’Apple. Autre estimation approuvée par les marchés : seulement 7 % des possesseurs d’iPhone et/ou d’iPad feront l’acquisition d’une Apple Watch dans les 12 mois suivant son lancement commercial (le consensus s’établissait jusqu’alors à 10 %).

S’appuyant sur les intentions d’achat avancées par plusieurs centaines de clients qui faisaient la queue le jour du lancement de l’iPhone 6 aux Etats-Unis, l’analyste remet aussi en question le positionnement d’Apple. Dans quelle mesure “la marque à la Pomme” souhaite-t-elle investir le segment des montres de luxe, sachant qu’elle proposera des versions haut de gamme de sa montre, dont une en or 18 carats attendue aux alentours de 5000 dollars ? La concurrence dans ce secteur risque en outre d’être féroce. L’horloger suisse Tag Heuer vient de dévoiler ses plans en la matière, à travers une alliance avec Intel.

Les difficultés rencontrées dans l’assemblage de l’Apple Watch sèment aussi le doute dans l’esprit des observateurs. L’une des problématiques, c’est l’autonomie de la batterie, qui devra vraisemblablement être rechargée tous les jours. Il faudra également suivre le développement de l’écosystème Android Wear, élaboré spécialement pour les montres connectées et déjà adopté par une horde de constructeurs : Asus, LG, Motorola, Sony…

Les prévisions de Piper Jaffray sont beaucoup plus prudentes que celles émises début décembre par UBS. La société de services financiers d’origine suisse évoquait 24 millions d’Apple Watch vendues en 2014, 40 millions en 2016, 52 millions en 2017 et 67 millions en 2018, à condition qu’il n’y ait pas de soucis d’approvisionnement. Apple dégagerait une généreuse marge brute, d’environ 33 %, le ticket d’entrée pour sa montre connectée étant fixé à 349 dollars.

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Crédit photo : Apple


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