ARCEP : Sébastien Soriano ambassadeur des télécoms, diplomate avec les opérateurs

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Dans ses premières déclarations post-nomination à l’ARCEP, Sébastien Soriano expose les défis télécoms à relever. Mais il évite le débat épineux de la possible consolidation dans le secteur.

Les vœux de l’ARCEP avaient un goût particulier cette année avec la toute fraîche nomination de Sébastien Soriano à la présidence de l’autorité de régulation des télécoms.

“Nous sommes à la fin d’un cycle et quel cycle ! Il a débuté à la fin des années 1990 avec l’ouverture du secteur des télécoms à la France”, a-t-il déclaré lors de la cérémonie organisée jeudi soir à la Sorbonne (discours en PDF).

Sébastien Soriano se projette d’emblée dans son mandat de six ans pour relever trois défis : le “rôle-clé des réseaux numériques dans l’économie dans son ensemble”, le “caractère devenu essentiel d’Internet dans le fonctionnement de notre société” et les “garanties nécessaires à apporter et la place de l’ARCEP, régulateur des réseaux, au sein de la stratégie numérique de la France et de l’Europe”.

Dans la perspective de la prochaine remise du rapport Champsaur sur la transition du haut débit au très haut débit, l’ARCEP compte créer “les bonnes incitations” et éviter l’effet “trappe à débit” (c’est-à-dire s’enfermer dans une situation satisfaisante à court, sans développer les réseaux de demain, à très haut débit).

Dans le très haut débit mobile, la bande 700 MHz à partager entre les opérateurs (une opération qualifiée de “deuxième dividende numérique”) constituera un premier rendez-vous clé. L’ARCEP devrait être en mesure de proposer les modalités d’attribution “avant l’été” et escompte une instruction de l’appel à candidatures dans le courant de l’automne.

Sébastien Soriano a également mentionné dans son discours l’essor de l’Internet des objets. L’ARCEP proposera son “expertise” et effectuera une “veille” dans ce domaine aux multiples facettes : domotique, villes intelligentes, voitures connectées, textiles innovants…

La neutralité Internet est aussi une préoccupation affichée : “Au-delà des réseaux, nous devons tous être interpellés par cette situation de quelques géants de l’Internet, qui semblent édicter des règles du jeu qui façonnent aujourd’hui le fonctionnement de l’économie Internet.”

ARCEP : arbitre pas commentateur

Sur la concurrence “levier de compétitivité numérique”, Sébastien Soriano reste prudent en commentant la guerre féroce entre opérateurs. “La concurrence est un moteur pour les opérateurs : c’est parce que chacun doit se battre pour avoir des clients qu’il est incité à offrir le service le plus compétitif”, indique-t-il dans une interview accordée à l’AFP.

Concernant une possible consolidation sur le marché, le nouveau président de l’ARCEP reste au-dessus de la mêlée. “On ne demande pas à un arbitre de foot de commenter le jeu sur le terrain (…) Dans cette photographie globale, on trouve bien sûr des questions comme l’itinérance, la mutualisation des réseaux ou encore l’accès aux points hauts mobiles”, précise-t-il dans Les Echos.

Dans les colonnes du quotidien économique et financier, il précise le rôle de l’ARCEP dans la transformation numérique des entreprises : “Se tourner vers 2020, c’est changer de perspective sur les télécoms dans les entreprises. On les envisage en premier lieu par le prisme des opérateurs, mais il faut regarder cela avec les yeux des entreprises elles-mêmes. C’est-à-dire mieux comprendre leurs attentes, et mieux calibrer les réponses que le régulateur peut y apporter.”

En prenant ses fonctions, Sébastien Soriano est confronté à un premier accroc avec la Commission européenne à propos d’un projet de décision d’analyse de marché relatif à la terminaison d’appel SMS (frais que se facturent les opérateurs entre eux pour acheminer les communications d’un concurrent sur leur réseau).

L’ARCEP proposait un maintien du dispositif pour trois ans supplémentaires de la régulation appliquée depuis 2006. Mais elle n’a pas pu trouver de consensus sur le sujet avec Bruxelles. Du coup, l’ARCEP retire son projet de décision.

Autrement dit, les tarifs des SMS deviennent libres même si l’Autorité “maintiendra une grande vigilance sur l’évolution du marché de gros de la terminaison d’appel SMS et des marchés de détail associés”, précise Silicon.fr.


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