Régulations

Arnaud Montebourg : un lien entre Free Mobile qui rit et Alcatel-Lucent qui pleure

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Le ministre du Redressement productif veut « remettre de l’ordre » dans le « capharnaüm » laissé dans le secteur des télécoms par l’ancien gouvernement Fillon.

Arnaud Montebourg n’a pas perdu son mordant vis-à-vis de Free Mobile.

Le ministre du Redressement productif suggère même un lien entre l’arrivée du quatrième opérateur mobile et les difficultés rencontrées par l’équipementier télécoms.

Dans la cadre d’une interview réalisée par L’Usine Nouvelle, il déclare que « la course au low-cost avec l’arrivée de Free a eu des conséquences sur les opérateurs, sur la sous-traitance, sur les fournisseurs. »

Le cas d’Alcatel-Lucent est jugé préoccupant. L’équipementier télécoms franco-américain va supprimer 1430 emplois en France, soit plus de 15% des effectifs. Au total, 5490 postes dans le monde vont disparaître en 2013.

Arnaud Montebourg, qui n’hésite pas à « mouiller sa chemise en marinière » pour défendre une « marque France », poursuit dans la même interview : « La situation d’Alcatel s’est aggravée : – 40 % en un an en France. On ne peut le nier. Dans la téléphonie, nos prédécesseurs [l’ancienne équipe gouvernementale Fillon sous la Présidence Sarkozy, NDLR] nous ont laissé un capharnaüm. Nous commençons à y remettre de l’ordre. »

Le ministre du Redressement productif reste perplexe sur le fait de « casser les prix » dans la téléphonie mobile.

« Cela peut sembler de bonne guerre, mais cela a eu pour conséquence deux plans sociaux annoncés, chez SFR et Bouygues, des destructions d’emplois dans la sous-traitance, la précarisation des travailleurs chez Free, les délocalisations accélérées dans les centres d’appels, l’aggravation des difficultés d’Alcatel. »

Mi-octobre, Xavier Niel s’était aussi exprimé sur les prises de positions du gouvernement Ayrault dans le secteur des télécoms.

Et son action laissait le dirigeant d’Iliad-Free pantois : « Deux de nos concurrents annoncent des plans sociaux [SFR et Bouygues Telecom]. Moi, ce que j’aperçois, c’est que l’on a employé 2000 personnes en 18 mois [pour lancer Free Mobile], j’ai l’impression que, pour être entendu et soutenu par ce gouvernement, il faut licencier…J’ai l’impression qu’on n’est pas à la mode chez Free malheureusement. »

Au dernier pointage à la fin du premier semestre 2012 , Free Mobile a séduit 3,6 millions de clients.

Photo illustration : Arnaud Montebourg, conférence de presse BPI (octobre 2012)


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Rédacteur en chef ITespresso.fr - Journaliste tombé dans la marmite IT depuis 1998 : télécoms, sécurité IT, économie Internet, start-up...

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