Ask.com veut bousculer le marché français des moteurs de recherche

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Sur fond d’offensive mondiale, le service de recherches en ligne du groupe américain IAC inaugure une version francophone en mode bêta.

Ask.com lance une nouvelle offensive mondiale, qui vise notamment la France. Après son rachat par le groupe InterActiveCorp (IAC) du magnat américain Barry Diller survenu au cours du premier trimestre 2005 (voir édition du 21 mars 2005), l’ex-Ask Jeeves, qui vient de raccourcir sa dénomination pour adopter Ask.com, a l’ambition de marcher sur les plates-bandes de Google sur le marché des moteurs de recherche.

Aux Etats-Unis, sa position est honorable. Selon l’institut d’analyse d’audience Internet Nielsen//NetRatings, il pointerait à la quatrième place sur le marché américain derrière Google, Yahoo et MSN en recensant 42 millions de visiteurs uniques par mois.

Dans un contexte de refonte de son service de recherches en ligne, Ask.com donne la priorité à son expansion internationale, et plus particulièrement en Europe. Ask.com est déjà présent en Allemagne et au Royaume-Uni, pays d’origine de la start-up Ask Jeeves lancée en avril 1997. Maintenant, la société peaufine le lancement de déclinaisons en Espagne, Italie, Pays-Bas et la France.

Ask.com France vraiment opérationnel d’ici la fin de l’année

Ludovic Lecomte, ancien directeur des contenus chez e-TF1, a été recruté pour prendre en main le déploiement d’Ask.com en France. Il vient d’annoncer l’ouverture de la version francophone d’Ask.com en mode bêta. Le lancement commercial devrait intervenir dans le courant du deuxième semestre 2006, accompagné d’une campagne de communication importante.

“Nous sommes persuadés qu’il existe une place pour un moteur alternatif avec une expérience de recherche différente pour les utilisateurs”, affirme Ludovic Lecomte. “Le marché du Search arrive à mâturité en France. Aux Etats-Unis, les internautes utilisent souvent deux moteurs dans le cadre de leur recherche. Cet usage va aussi se vulgariser en France “, considère manager d’Ask.com France qui a récemment pris ses nouvelles fonctions.

Dans le prolongement du lancement commercial d’Ask.com, Ludovic Lecomte souhaite trouver des “partenaires exclusifs” de contenus et de services pour animer le moteur de recherche. A terme, le manager veut décrocher “au moins” la deuxième place sur le podium des moteurs en France.

Mais la route est longue. Selon Médiamétrie qui a effectué en novembre 2005 un classement des outils de recherche les plus populaire, Google nargue ses principaux concurrents en affichant deux fois plus de visiteurs uniques que sont principal rival Wanadoo/Voilà (16,5 millions de visiteurs uniques contre 8,1 millions au deuxième trimestre 2005).

Ask.com à la conquête de parts de marché

Dans la nuit de dimanche à lundi, la nouvelle version mondiale Ask.com (et ses déclinaisons linguistiques) a été lancée. Les algorithmes et le coeur technologique du moteur ont été remaniés, en prenant en compte le savoir-faire de la start-up Teoma acquise par feu Ask Jeeves en septembre 2001.

Fondée sur la technologie Ajax, l’interface veut se rapprocher de la tendance Web 2.0. Certes, elle est épurée à la sauce Google. Mais le service propose plusieurs éléments de différenciation.

Comment qualifier l’empreinte d’Ask.com ? Tout d’abord, l’accent est mis sur les fonctionnalités enrichies dès la page d’accueil. Sur la colonne de droite figure un sommaire d’espaces de recherches thématiques : cartographie, images, recherche de proximité, météo?Pour la version francophone, l’espace “MonAsk” proposera des fonctionnalités de personnalisation pour enregistrer ses recherches et résultats, des photos et des outils de classement.

Sur la page de résultats, Ask.com propose l’option Binoculars qui permet d’avoir un aperçu d’une page Web en survolant avec la souris de son ordinateur l’icône des jumelles associées à un résultat. Une approche “Web visuelle” qu’un acteur comme Exalead avait également explorée.

En l’état actuel, Ask.com annonce qu’il indexe 2,8 milliards de pages Web (Google en affiche 8 milliards). Pour le volet francophone, il est encore trop tôt pour donner un ordre de grandeur car les travaux d’indexation continuent. “Nous ne prétendons pas à l’exhaustivité. Nous voulons d’abord faciliter les recherches des internautes”, précise Ludovic Lecomte. Dans ce sens, une page de résultats sur Ask.com propose systématiquement sur sa colonne de droite des liens associés à la requête initiale pour affiner la recherche.

Appui sur Google Adwords

Sur le volet des liens sponsorisés qui est sa principale source de revenus, Ask.com tient aussi à se différencier de Google. Le moteur tente de limiter à trois ou quatre liens sponsorisés sur ces pages de résultats. Si l’internaute effectue une recherche d’ordre encyclopédique (nom d’une ville ou d’une personnalité), une première ligne de “résultat naturel” apparaîtra avant les sponsoring links.

Ask.com s’appuie d’ailleurs sur le programme AdWords de Google pour gérer ce type d’espaces publicitaires. En revanche, aux Etats-Unis, Ask.com exploite sa propre plate-forme de gestion des liens sponsorisés (voirédition du 8 août 2005). A l’instar d’un MSN (voir édition du 16 mars 2005), il ne serait pas étonnant que son usage soit étendu à son réseau mondial à moyen terme.


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