Lutte anti-fraude : Authentication Industries finance son « super-code-barres » par crowdfunding

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La start-up montpelliéraine Authentication Industries a levé près de 300 000 euros sur SmartAngels pour développer sa techno d’authentification AiCode.

Objectif rempli pour Authentication Industries.

La start-up montpelliéraine spécialisée dans la lutte anti-fraude avait choisi la plate-forme de crowdfunding SmartAngels pour réaliser une augmentation de capital par émission d’actions.

En 60 jours de campagne, elle a obtenu, auprès d’une cinquantaine d’investisseurs, 295 998 euros, soit 238 % de la somme initialement recherchée.

Ces fonds seront consacrés pour moitié à l’ouverture d’une filiale aux États-Unis, premier marché mondial en matière de lutte contre la fraude.

Authentication Industries a préparé le terrain en passant, ces dernières semaines, un accord avec un distributeur sur place.

Cette levée de fonds – qui doit être complétée par un prêt de 150 000 euros auprès de la SMC et par une subvention de 75 000 euros émanant de Bpifrance – servira aussi, à hauteur de 20 % de la somme collectée, à renforcer la R&D, avec l’objectif de déposer davantage de brevets.

L’entreprise fondée en 2012 s’en est déjà vu accorder deux, qui couvrent notamment sa technologie AiCode, présentée comme un « super-code-barres » destiné à protéger tous types de documents contre la falsification.

Infalsifiable ?

Commercialisé depuis un an environ, l’AiCode peut être imprimé ou gravé. Non reproductible, il permet de vérifier si un produit ou un document est un original ou une copie, tout en s’assurant que le contenu informationnel soit correct et que le porteur dudit document en soit bien le propriétaire.

Positionné comme un concurrent direct des puces RFID, il a l’avantage d’être protégé par une signature chiffrée avec preuve de l’émetteur.

Le contrôle d’authentification peut être fait avec un smartphone ou un scanner, y compris hors ligne (dans ce cas, les données sont transmises à la plate-forme dès qu’une connexion Internet est détectée).

Lorsqu’une fraude est détectée, la plate-forme de traçabilité et l’application Web AiSign (lancée en début d’année, et qui permet de générer des « AiCodes ») déclenchent une alerte en temps réel. Le client peut alors procéder à des vérifications immédiates et apporter des actions correctives.

Un modèle très « data »

Avec cette technologie, Authentication Industries vise des marchés allant des procès-verbaux de bureaux de vote aux certificats halal en passant par les étiquettes pour le vin et les cartes d’assurés sociaux.

Un cas pratique : la sécurisation et l’authentification d’un chèque de banque qui doit être transmis à un tiers. On enregistre, via AiSign, les données à protéger et authentifier, un code unique chiffré est généré, puis on édite le document en ligne ou sur papier. Son authenticité peut alors être contrôlée par le tiers après réception.

Outre le business direct associé à AiCode (licences, audits, sécurité, installation, maintenance), Authentication Industries tire des revenus de l’exploitation de données : les informations authentiques récoltées par ses soins sont mises à disposition des clients à des fins d’analyse et de traitement… pour améliorer leurs outils de marketing prédictif.

Au 30 octobre 2015, soit environ 6 mois après ses débuts commerciaux, la start-up fondée par Christian Guichard avait facturé pour 500 000 euros de CA (315 000 euros encaissés), avec la SNCF parmi ses clients. Elle dit devoir parvenir à un chiffre d’affaires de 1,1 million d’euros pour atteindre un résultat net annuel nul.

Un autre tour de table est envisagé pour la fin de l’année. Des discussions ont été amorcées avec deux fonds (un en Chine, un en Afrique) qui prendraient chacun une participation d’un million d’euros au capital.

Crédit photo : www.BillionPhotos.com – Shutterstock.com


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