Avec WengoPhone 2.0, Wengo vise l’interopérabilité des messageries

Mobilité

Aujourd’hui limitée au chat, l’interopérabilité du WengoPhone s’élargira à la téléphonie et la visiophonie pour la fin de l’année.

“Nous voulons apporter la promesse forte à nos clients qu’ils pourront communiquer avec tous leurs contacts quelle que soit leur plate-forme et leur logiciel de messagerie.” David Bitton n’y va pas par quatre chemins. Pour le directeur général de Wengo, l’interopérabilité est indispensable au WengoPhone, le logiciel de téléphonie IP maison désormais mâtiné de fonctions de messagerie instantanée et de visiophonie. Dix-huit mois après le lancement de son produit phare (voir édition du 5 janvier 2005), la filiale de Neuf Cegetel doit proposer aujourd’hui, jeudi 18 mai, le WengoPhone en version 2.0.

En version bêta, dans un premier temps. “C’est une stratégie marketing pour associer nos clients aux développements du produit mais la version bêta est parfaitement opérationnelle”, rassure David Bitton. Nouvelles ergonomie et interface (“pour ressembler aux standards du marché et ne pas dérouter les utilisateurs [qui basculeraient des Messenger MSN, Yahoo ou AIM à WengoPhone]”) constituent la partie la plus visible de la version 2.0. Mais l’innovation se situe bien à travers l’interopérabilité et l’approche multi-plateforme. “WengoPhone est le premier logiciel de CoIP [voix, chat et visio, ndlr] disponible à la fois sur Windows, Mac OS, Linux, Pocket PC et SmartPhone”, soutient le dirigeant.

Interopérabilité avec Skype prévue

Pour le moment, seule la messagerie instantanée offre l’interopérabilité promise avec les Messenger MSN, Yahoo, AIM, GoogleTalk ou autre Jabber. La voix et la visiophonie arriveront “d’ici la fin de l’année”. Et l’offre SmartPhone, le 25 mai. Patience, donc. Quant à une éventuelle interopérabilité avec Skype, le leader en matière de téléphonie sur IP, “elle est prévue mais il nous est difficile d’annoncer une date”. Seul logiciel de VoIP à crypter les communications, Skype donnerait à Wengo plus de fil à retordre que les autres solutions.

En attendant, Wengo poursuit ses développements, tant technologiques que commerciaux. A l’international, notamment, qui représente les deux tiers de son chiffre d’affaires. “Il faut aller chercher les revenus là où il sont le moins dissipés par la concurrence en proposant des offres extrêmement attractives sur des forfaits voix illimités”, justifie le directeur. Aux versions françaises, anglaises, chinoises et taiwanaises du site Web, s’ajouteront dans les prochains jours l’allemand et l’espagnol. Une dizaine de langues devraient être proposées d’ici la fin juin.

Parallèlement, Wengo a lancé le 11 mai dernier une opération de marketing viral à coup de communications gratuites. Tout nouvel inscrit bénéficie de 2 minutes gratuites de communication vers des postes fixes de 20 pays, dont les principaux Etats européens, les Etats-Unis et la Chine. Une version illimitée pendant 3 mois est également proposée en échange de l’achat de 10 euros de crédits de communication qui ne seront donc dépensés que pour les appels passés au-delà des destinations “star” de l’offre ou à l’issu de la période promotionnelle. “Cela permet de téléphoner de manière illimité en France, notamment, pendant 3 mois sans débourser un centime”, résume David Bitton.

Le WengoPhone en marque blanche

Fort de son savoir-faire technologique, notamment concrétisé à travers les développements du BeautifulPhone (voir édition du 25 novembre 2005) et du service Neuf Talk (voir édition du 14 mars 2006) pour sa maison mère, Wengo compte diversifier son développement en fournissant des solutions de VoIP en marque blanche aux opérateurs. “La marque blanche peut générer beaucoup de valeur”, précise David Bitton qui pense notamment aux marchés internationaux, “elle représentera 20 % de notre chiffre d’affaire en 2007”. Le dirigeant confirme l’arrivée, le premier juillet prochain, d’un directeur commercial “issu du secteur des télécoms”. Mais il reste discret sur l’identité de ce nouveau responsable.

Wengo compte aujourd’hui plus de 900 000 utilisateurs (contre 60 000 fin 2005, voir édition du 6 décembre 2005) dont 2,3 % souscrivent aux services payants. En forte progression. Alors que Wengo a réalisé un chiffre d’affaires de 600 000 euros en 2005 (pour un résultat net négatif de 2,5 millions d’euros), la filiale de Neuf Cegetel enregistre déjà 500 000 euros de revenus entre janvier et avril 2006. Un résultat que l’entreprise espère “plus que tripler”. David Bitton vise d’ailleurs l’équilibre pour 2007. “Nos ratios sur les coûts ne sont pas les mêmes que ceux d’un Skype, notamment grâce au modèle open source et à la communauté de développeurs qui se forme autour d’OpenWengo. Quelques millions d’inscrits nous suffiront pour atteindre l’équilibre.”


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