Baikal-T1 : la Russie tient son processeur de nouvelle génération

Composants

Annoncé il y a moins d’un an, le processeur Baikal russe est désormais officiel. Il devrait équiper des ordinateurs personnels et des microserveurs en Russie.

En juin 2014, un microprocesseur russe à technologie ARM était annoncé. La puce est maintenant officielle mais intègre finalement la technologie MIPS d’Imagination Technologies.

Plus précisément, le SoC (System on Chip) Baikal-T1 embarque notamment l’IP de CPU MIPS Warrior P-Class 5600 avec deux coeurs cadencés à 1,2 GHz.

Destinés à concurrencer les coeurs ARM Cortex-A50 (64 bits), les coeurs “Warriors” avaient été annoncés en juin 2013 par Imagination Technologies, selon Silicon.fr. Un fabricant de puces d’origine britannique plus connu pour ses solutions graphiques PowerVR.

Gravée en 28 nanomètres (nm), la puce russe intègre également des interfaces rapides Ethernet 1G/10G, PCIe, STA 6G, USB mais aussi moins véloces de type GPIO, I2C, UART et SPI.

Le boîtier mesure 25 mm x 25 mm et la consommation annoncée est inférieure à 5 watts, ce qui lui permet d’intégrer des configurations sans ventilateur (refroidissement passif exclusivement).

L’objectif serait d‘équiper les ordinateurs du gouvernement avec de telles puces en lieu et place des processeurs Intel et AMD à architecture x86. Le ministère du Commerce et de l’Industrie russe pourrait ainsi être l’un des grands demandeurs de ces puces.

La puce Baikal-T1 pourrait donc se retrouver dans des PC personnels, des microserveurs mais aussi des supercalculateurs.

Le CPU a d’ailleurs été conçu par une équipe de T-Platforms, une société connue pour ses supercalculateurs. Le conglomérat russe de la défense Rostec et le groupe semi-étatique Rosnano ont également accompagné le projet.

Le gouvernement russe et les entreprises nationales achètent chaque année 700 000 ordinateurs individuels et 300 000 serveurs pour respectivement 500 et 800 millions de dollars. Il faut y ajouter des supercaculateurs de T-Platforms. En tout, cela pourrait représenter un marché annuel de 5 millions de puces Baikal-T1 pour un montant estimé à 3,5 millions de dollars.

La Russie n’en est pas à son galop d’essai dans le domaine de la conception de puces électroniques. Récemment, la société Elvees-NeoTel a annoncé son processeur vidéo « révolutionnaire » VIP-1 (soit l’oeil de Moscou dans une petite puce gravée en 40 nm).

Il y a également le programme Elbrus qui a permis l’éclosion du processeur « Elbrus-4C », une puce destinée à des serveurs avec un niveau de performance mesuré à 50 GFLOPS en simple précision.

La Chine est aussi dans le concert des nations qui développent des processeurs avec les Godson de Loongson Technology destinés à équiper les serveurs du pays.

(Crédit photo @T-Plaforms)


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