Baisse du prix de la XBox : et les PC c’est pour quand ?

Mobilité

De 480 euros, la Xbox va passer à 299 euros le 26 avril prochain. Une stratégie compréhensible de conquête de marché. Mais en y regardant de plus près, on peu aussi se demander si la XBox n’apporte pas la preuve qu’il existe un marché pour un PC aux performances moyennes mais suffisantes pour les besoins familiaux. Car, après tout, la Xbox n’est autre qu’un PC à 733 MHz enfermé dans une jolie boîte noire. Un PC à moins de 300 euros désormais.

Les ventes de la Xbox sont-elle à ce point décevantes pour que Microsoft décide de baisser son prix de plus de 37 %? Probablement (voir édition du 2 avril 2002). “Nous tenons à nous assurer que son prix n’empêchera personne de découvrir les expériences de jeu inédites procurées par la Xbox”, justifie poliment Sandy Duncan, vice-présidente Xbox Europe. C’est aussi une façon de s’aligner sur les tarifs de la GameCube de Nintendo, prévue pour le 3 mai, également très attendue. Conséquence, à partir du 26 avril prochain, la Xbox coûtera 299 euros contre 480 aujourd’hui (bon prince, Micorosoft offre, avant le 1er juillet, deux jeux aux joueurs qui ont déjà acheté leur console). Même à ce tarif, il n’est pas certain que tout le monde ait envie de découvrir “les expériences inédites”. Cela dit, laissons à Microsoft la liberté de sa stratégie de conquête pour nous concentrer sur une bizarrerie tenace de l’industrie informatique. Celle des PC, certes surpuissants, mais vendus trop chers en regard des besoins.

Depuis des années, les constructeurs de PC (avec la complicité des éditeurs ?) ont basé leurs stratégies commerciales sur la course à la puissance des machines. Si ce besoin de puissance s’est révélé indispensable avec l’arrivée de Windows 32 bits (de 95 à XP) et des CD/DVD, un processeur cadencé aux alentours de 800 MHz suffit largement à la majorité des besoins familiaux : Internet, bureautique, jeux, DVD. Vous en voulez la preuve ? Regardez donc l’intérieur d’une XBox ! Après tout, cette console n’est rien d’autre qu’un ordinateur personnalisé : processeur Intel 733 MHz, 64 Mo de Ram, puce graphique nVidia (équivalente à un GeForce 2 MX), disque dur de 8 Go, lecteur DVD, port réseau Ethernet, le tout piloté par un OS de type Windows CE (voir édition du 14 novembre 2001). Et pourtant, la Xbox s’adresse aux joueurs les plus exigeants, auxquels on destine la plupart du temps les PC haut de gamme dotées de Pentium 4 ou d’Athlon XP cadencés à plus ou moins 2 GHz. Mieux encore, les dernières cartes vidéo, telles la GeForce 4 ou la Radeon 8500, dépassent de loin les performances du processeur graphique de la Xbox. De là à penser que la chute vertigineuse de son prix montre qu’il est possible d’offrir au public des ordinateurs à prix raisonnables, il n’y a qu’un pas que nous n’hésitons pas à franchir…

Un PC à 500 ou 600 euros avec écran ?

A coup sûr, la console de Microsoft nous permet de constater que les constructeurs pourraient continuer à produire des configurations “moyennes” (en regard des dernières versions) à des prix beaucoup plus accessibles qu’aujourd’hui pour le commun des internautes. Qui refuserait d’investir 500 ou 600 euros dans un ordinateur à la configuration équivalente à celle de la Xbox mais avec écran 15 ou 17 pouces pour simplement surfer, écrire du courrier, faire ses comptes, jouer et regarder quelques DVD ? Qui ne préfèrerait pas, pour le prix d’une configuration en entrée de gamme, disposer d’un bel écran plat LCD ? Qui n’a pas autour de soi des connaissances qui se contentent parfaitement de leur vieux Pentium 166 qu’elles n’ont pas envie de remplacer pour des raisons à la fois budgétaires et d’absence réelle de besoin ? Quel utilisateur courant a besoin de plus de 40 Go de disque dur ? A bien y regarder, c’est d’ailleurs la politique que VIA Technologies tente, avec l’Information PC, d’imposer en Europe depuis quelques temps, hélas avec un succès mitigé (voir édition du 18 décembre 2001).

Un p’tit effort messieurs les constructeurs !

Plutôt que de vendre un nombre réduit d’ordinateurs surpuissants à une minorité de consommateurs, les constructeurs devraient s’interroger sur l’existence d’un marché pour un ordinateur familial économique. D’autant qu’il serait probablement plus acceptable d’investir 500 euros tous les deux ou trois ans plutôt que 1 000, ou plus, tous les cinq ou six ans. Les constructeurs n’en sortiraient pas forcément perdants. Et cela réglerait peut-être une partie de la crise qui les frappe aujourd’hui.


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