La Banque Postale s’engage dans le crowdlending de WeShareBonds

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La Banque Postale signe un partenariat industriel et capitalistique avec la plate-forme de financement participatif obligataire WeShareBonds.

Il y a du nouveau sur le site Internet de WeShareBonds.

La plate-forme d’intermédiation pour le financement participatif des PME – éditée par la société Wiseprofits SAS, fondée en juillet 2015 – a dédié une page à son partenariat « double effet » avec La Banque Postale.

D’une part, la filiale du groupe public a pris une participation de 10 %, pour une somme non communiquée. De l’autre, elle s’est engagée à cofinancer, aux côtés des particuliers, des projets présentés sur la plate-forme.

L’intervention se fera en amont. WeShareBonds a effectivement opté pour un dispositif en trois étapes dont la première consiste à souscrire au minimum 31 % de chaque opération dans la limite de 200 000 euros, par le biais d’un fonds d’amorçage baptisé WSB-1617 et abondé au préalable à hauteur de 3,2 millions d’euros dans le cadre d’une levée réalisée auprès d’une cinquantaine de business angels.

Des « investisseurs avertis » (clients professionnels au sein de l’Autorité des marchés financiers) réunis au sein du « Club Preview » prennent ensuite le relais. Ils peuvent investir, pendant une période de cinq jours, jusqu’à 20 % du montant recherché et donner leur avis sur les projets.

S’ouvre alors la collecte proprement dite, pour 30 jours (confer le prospectus « Stratégie d’investissement et frais de gestion » du fonds WSB-1617).

Cette approche de cofinancement, résumée dans le monde anglo-saxon à travers l’expression « skin in the game », vise à aligner les intérêts des clients de la plate-forme avec ceux des actionnaires… dont la Banque Postale fait désormais partie.

La patte Phillimore

WeShareBonds dispose de l’agrément de CIP (Conseiller en investissement participatif), obtenu au mois de juin. Ce qui lui permis d’organiser des collectes par souscription d’actions ordinaires.

L’essentiel de l’activité porte toutefois sur du prêt obligataire. Peuvent déposer un dossier, les PME en exercice depuis au moins 3 ans, avec au minimum 1 million d’euros de chiffre d’affaires et 100 000 euros de résultat net.

Les collectes peuvent s’échelonner de 100 000 à 1 million d’euros. Pour les investisseurs, le ticket d’entrée est fixé à 50 euros, avec la promesse d’un rendement brut de 4 à 10 % sur 18 à 60 mois.

La Banque Postale, qui revendique 408 000 clients BtoB (entreprises, professionnels, associations, collectivités), compte intégrer cette offre dans sa gamme de produits de financement à destination des PME. Elle envisage également, d’ici au 1er trimestre 2017, de mettre en place des « passerelles » avec ses quelque 10 millions de clients particuliers. On commence avec « 30 euros offerts de 500 euros investis ».

On notera que la recherche et l’analyse des PME candidates à une place sur la plate-forme se fait avec la société de gestion Phillimore, dont l’équipe est tout simplement à l’origine de WeShareBonds.

Aux côtés de Cyril Tramon (président ; ancien de JP Morgan), on retrouve ainsi Yann Coumes-Gauchet (COO ; anciennement consultant et chargé d’affaires chez Phillimore) et Guillaume Hannezo (président du comité de surveillance et de stratégie ; passé notamment par Vivendi, il fut conseiller économique au secrétariat général de la présidence sous François Mitterrand).

Le modèle économique de WeShareBonds est basé sur quatre niveaux de facturation. En premier lieu, 1 500 euros HT pour l’analyse du dossier en vue d’un référencement. Ensuite, la même somme pour le « suivi technique » de l’opération (enregistrement des souscriptions, traitement des questions des membres…).

S’y ajoutent un suivi en phase de clôture (organisation de la réalisation juridique de l’opération, transmission de la documentation aux investisseurs) et un accompagnement post-collecte, ces deux prestations étant respectivement facturées à hauteur de 4 % et de 1 % HT du montant de la levée (5 % et 2 % dans le cas d’une émission d’actions).


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