Bertrand Delanoë et Bill Gates signent un partenariat numérique

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La ville de Paris et Microsoft s’unissent pour la solidarité et le développement durable. Mais l’alliance n’est “pas exclusive”…

Qui a dit que l’administration française tend à privilégier l’open source? Lors d’un marathon éclair à Paris – au cours duquel il passera par l’Hôtel de Ville, l’Elysée, BFM et le Medef -, Bill Gates a signé un nouveau partenariat numérique entre Microsoft et la ville de Paris. Une alliance placée sous le signe du développement durable et de la solidarité.

Selon Bertrand Delanoë, maire de Paris, la “convention” qui a été paraphée ce matin doit “dynamiser” leur “collaboration” existante, qui s’est déjà traduite par le soutien à “une vingtaine de startups parisiennes” l’an dernier. Dans le cadre du programme IDEES* de Microsoft, la ville de Paris et l’éditeur de Redmond épauleront cette année quarante jeunes pousses dans les domaines du design et des éco-activités. Au menu: des journées de formation, des contacts avec des sociétés internationales et des capitaux-risqueurs et la mise à disposition d’équipements de visioconférence.

Retour à l’emploi, formation, sport et jeu

Coté solidarité, Microsoft et la mairie de Paris vont s’associer pour faciliter le retour à l’emploi de 120 jeunes et/ou allocataires du RMI. Leurs candidatures seront sélectionnées par la ville et Microsoft se chargera de les orienter vers l’un de ses centres de formation agréés.

Les deux acteurs se sont parallèlement engagés à dispenser une formation informatique – d’une vingtaine de jours – aux animateurs des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Objectif : “lutter contre la fracture sociale et numérique”, précise Bertrand Delanoë.

Un premier “Centre Sportif Numérique” sera par ailleurs ouvert Porte de Montreuil début 2009. Il devrait associer la pratique du sport et celle des jeux vidéos, en s’appuyant sur la console Xbox de Microsoft et des jeux développés par de jeunes pousses locales.

Soutien à un acteur dominant ?

La mairie de Paris ne craint-elle pas de perdre de sa neutralité et de soutenir ainsi un acteur “dominant”, interroge un journaliste, en faisant référence aux deux nouvelles enquêtes sur Microsoft qui viennent d’être ouvertes par la Commission européenne. Pas du tout, rétorque Bertrand Delanoë, en rappelant que son équipe municipale a récemment participé à “l’aventure des logiciels libres”. Avant de se prononcer en faveur de “la concurrence et de la liberté”.

Profil bas du coté de Bill Gates, toujours représentant de Microsoft avant son départ à la retraite prévu pour juillet. Ce dernier s’est contenté de signaler que l’alliance “n’est ni exclusive à Paris, ni à Microsoft” et qu’il existe de nombreux logiciels libres qui tournent sur des systèmes Microsoft.

* Initiative pour le développement économique des éditeurs de logiciels et des start-up.

Verts et communistes montent au créneau
A noter que la venue de Bill Gates à l’Hôtel de Ville ne fait pas l’unanimité dans la majorité municipale. Critiquée par les Verts, selon l’AFP, l’invitation du fondateur de Microsoft a également été dénoncée par le Parti Communiste Français sur son site Web. La fédération de Paris y voit “une mauvaise nouvelle pour les associations, les élus et les citoyens qui depuis plusieurs années oeuvrent pour des solutions alternatives au monopole de Microsoft dans la Capitale”.

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