Bic Sport : la transformation numérique…sans le cloud

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Pour sa migration de l’ERP Microsoft Dynamics NAV vers Dynamics AX, Bic Sport a choisi de conserver une infrastructure sur site. Quelles en sont les raisons ?

La transformation numérique des PME peut-elle s’envisager sans le paramètre cloud ? On est tenté de répondre par l’affirmative en étudiant le cas de Bic Sport.

En tant que cliente de Microsoft, la filiale du groupe Bic créée en 1979 et spécialisée dans les sports nautiques (surf, voile, kayak…) avait été conviée à Barcelone dans le cadre de la Convergence 2015 EMEA organisée du 30 novembre au 2 décembre derniers par le groupe américain.

Présent sur place, le responsable informatique Daniel Jehanno est revenu sur les enjeux associés à la modernisation du SI. Non seulement en matière de relation client en mode multicanal, mais aussi et surtout pour fluidifier le fonctionnement interne de l’entreprise.

Sur ce dernier point, la démarche a surtout consisté à créer davantage de liant entre quelque 160 collaborateurs « dispatchés » sur la planète. Il faut dire que l’export représente aujourd’hui 80 % de l’activité de Bic Sport, avec des antennes commerciales à Boston (États-Unis) et Sydney (Australie), loin de la maison mère basée à Vannes, dans le Morbihan.

Pendant près de dix ans, Bic Sport a utilisé la solution Dynamics NAV (ex-Navision), que l’on avait coutume d’appeler la « station Mir des ERP ».

C’est en 2011 que s’est posée la question de passer à une offre plus évoluée, en l’occurrence Dynamics AX 2012. Ce pour gérer plus finement les processus d’interconnexion entre les différentes activités, de la fabrication à la vente en passant par la gestion des stocks et la facturation, sur de nombreuses gammes de produits distribuées via de multiples canaux.

Parmi les éléments ayant motivé la bascule, on citera cette page d’accueil personnalisée pour chaque utilisateur, quel que soit son métier. Mais aussi des fonctions localisées propres à chaque pays pour répondre aux exigences réglementaires. « On est également exigeants en termes de reporting, car notre maison mère est cotée en Bourse », rappelle Thierry Verneuil, président de Bic Sport.

En janvier 2012, l’IT lance le chantier de migration en collaboration avec le contrôle de gestion et avec le concours de l’intégrateur Isatech, qui accompagne Bic Sport depuis 2001.

L’objectif est clairement défini : mettre en oeuvre de nouveaux leviers d’exploitation des données, le tout en assurant une continuité de service.

Dix mois plus tard intervient la mise en production sur le site français. Les jonctions établies entre commercial, marketing, chaîne d’approvisionnement et comptabilité permettent rapidement d’optimiser la production et la gestion logistique à l’international, en anticipant la demande sur des marchés en particulier.

La filiale américaine bascule à son tour début 2013, dans un délai de deux mois, avec un soin apporté à l’élaboration d’une interface multilingue. En juillet de la même année, c’est au tour des bureaux de Sydney, cette fois sans l’aide d’Isatech. L’accent est mis, entre autres, sur le canal e-mail (considéré comme « sous-exploité ») pour faciliter la dématérialisation de certaines démarches.

« La saisie d’une commande aux États-Unis correspond quasiment à un lancement en fabrication dans les ateliers en France », résume Thierry Verneuil.

Avec ou sans cloud ?

L’ensemble de ces installations sont réalisées sur site. « Le cloud ne nous paraissait pas assez mature quand nous avons lancé notre initiative », explique Daniel Jehanno, qui n’exclut cependant pas de basculer en adoptant Dynamics CRM 2016, la nouvelle version du progiciel de gestion de la relation client édité par Microsoft.

P-DG du groupe Isatech, Jérôme Bazin se tient prêt à guider Bic Sport dans ces premiers pas vers le SaaS. « La question de la rentabilité face à une installation ‘on-premise’ ne se pose plus : sur 5 ans au maximum, on s’y retrouve », nous assure-t-il. Non sans reconnaître que pour le moment, les PME et ETI sont plutôt dans des configurations hybrides. Et d’ajouter : « Les petites structures basculeront plus aisément sur du 100 % cloud ».

Du côté de Bic Sport, on lorgne désormais le concept de « social engagement ».

« Il faut comprendre que le système d’information dépasse aujourd’hui le périmètre de l’entreprise et de ses partenaires », assure Daniel Jehanno. Bilan : le recrutement d’un community manager est dans les tuyaux, pour « améliorer la gestion du client final », notamment sur le service après-vente.

Il est aussi question d’approfondir la stratégie mobilité, « des outils business désormais attendus par défaut », d’après le responsable informatique de Bic Sport. En l’état actuel, les commerciaux sont libres de choisir leurs terminaux dans le cadre de la politique BYOD (« Bring Your Own Device », ou comment les employés utilisent des équipements personnels dans le cadre de leur travail).

« La technologie, on l’a. Maintenant, il faut y greffer davantage de scénarios », conclut Daniel Jehanno, avec une ambition : parvenir à ce que l’intégralité des déchets plastiques résultant de la production puissent être recyclés. L’aspect décisionnel et création de rapports de Dynamics AX sera mis à contribution dans cette optique.

Crédit photo : Verticalarray – Shutterstock.com


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