Des bikers de Deliveroo contestent les changements de tarification des courses

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Sur fond d’un appel à des « rassemblements », des livreurs de Deliveroo expriment leur mécontentement vis-à-vis des modifications du système tarifaire.

Des livreurs de plateforme de livraison de repas se sont rebellés cet été. On a beaucoup entendu les bikers collaborant avec Deliveroo.

Entre dimanche et lundi (27 et 28 août), des collectifs de livreurs comme CLAP, et 2CL & LFV ont appelé à des « rassemblements nationaux » pour réclamer des conditions tarifaires plus favorables.

L’appel vise surtout les « nouvelles rémunérations imposées par Deliveroo aux livreurs » mais les affiliés à d’autres plateformes comme Foodora ou UberEATS étaient également invités à participer à ce mouvement de protestation.

Selon un pointage de l’AFP mené dimanche soir, plusieurs dizaines de coursiers de Deliveroo se sont rassemblés dans des grandes villes comme Paris, Bordeaux et Lyon.

Dans le centre-ville de Nantes, des livreurs en colère avaient déployé une bannière de contestation avec ce message : « Pédaler pour manger, pas pour se faire bouffer ». Une vidéo est accessible sur la page Facebook du CLAP.

Ils dénoncent une généralisation du paiement à la course (alors qu’une proportion était encore payée à l’heure) et réclame une augmentation par commande livrée.

Selon le CLAP, les revendications portent sur une hausse du prix à la course : 7,5 euros (contre 5 euros en province et 5,75 à Paris actuellement) et des minimums garantis en fonction des tranches horaires (20 euros par heure entre 12H00 et 14H00 et 19h00 et 21H00 et 15 euros par heure garanties pour les autres tranches).

Un changement de règle qui passe mal

Selon l’AFP, le 27 août correspondait à l’échéance d’un type de contrat Deliveroo intégrant le paiement des coursiers à l’heure. Un système qui concernait les livreurs recrutés avant août 2016 sous le statut d’indépendant. Dans les grandes lignes, ils étaient payés 7 euros de l’heure (+une prime de 2 à 4 euros).

Un changement de règle qui déplaît à une proportion des coursiers qui évoquent des « pertes [de revenus] entre 20% à 30% ».

De son côté, Deliveroo cherche à minimiser l’impact de la contestation. Courant août, la branche française de la société d’origine britannique déclarait qu’une petite proportion de bikers Deliveroo (8%) était encore soumise à l’ancien mode de tarification.

Dans une lettre ouverte publiée le 11 août, Hugues Décosse, Directeur général de Deliveroo France, s’adressait aux livreurs concernés par le changement de contrat dans ce sens.

« Nous souhaitons aussi rendre cette activité aussi attractive que possible. Le revenu horaire moyen des bikers roulant avec nous dépasse les 14 euros par heure. »

Le représentant français de Deliveroo met en avant la technologie pour optimiser les parcours, notamment l’algorithme Frank présentée début juillet censée optimiser l’allocation des courses (et donc l’élimination des temps d’attente).

« Nous sommes aussi conscients que tu es à la recherche de plus de visibilité sur ton chiffre d’affaires. Plus que dans un modèle où, par exemple, tu te connecterais sans planification préalable. C’est pour cela que nous avons développé et testé à travers la France une fonctionnalité te permettant de planifier tes créneaux horaires qui combine la visibilité et la liberté que tu recherches. »


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