Bill Gates estime qu’il est “facile” de contourner la censure chinoise sur Internet

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Le co-fondateur de Microsoft, Bill Gates, souligne que la censure chinoise sur Internet reste limitée, et que toute entreprise qui veut se développer en Chine se doit de respecter les lois du pays.

Alors que le débat entre Google et les autorités chinoises sur la censure Internet mise en place en Chine est toujours aussi vif, Bill Gates, le co-fondateur de Microsoft, entre à son tour dans l’arène.

Il a expliqué dans une interview accordée à la chaîne de télévision américain ABC qu’il était “facile” de contourner la censure chinoise, dans la mesure où “[…] les efforts des Chinois pour censurer internet sont très limités”.

Rappelons qu’à la mi-janvier, Google s’est dit prêt à quitter la Chine si les autorités de ce pays n’autorisaient pas rapidement la mise en place, sans filtrage, du moteur de recherche du groupe Internet américain.

Quelques jours auparavant, Google et une vingtaine d’autres entreprises avaient fait l’objet d’une cyber-attaque d’envergure dans ce pays. Cette attaque informatique visant Google avait pour but d’accéder à des comptes Gmail de militants chinois des droits de l’Homme et de la liberté d’expression.

Suite à ces révélations, une bataille diplomatique a vu le jour. Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, a exigé la mise en place d’une “enquête minutieuse” sur ces intrusions informatiques en Chine menées contre Google, dans un discours sur Internet et la liberté. Barack Obama a lui aussi appuyé les positions prises par Hillary Clinton.

Ces propos n’ont pas plu au gouvernement chinois,  qui a fait savoir que cette accusation de cyber-attaque vis-à-vis de Google était “sans fondement”. “Les Etats-Unis ont critiqué la politique chinoise concernant Internet et insinué que la Chine restreignait la liberté sur internet. Ceci n’est pas conforme aux faits et nuit aux relations sino-américaines”, a déclaré Ma Zhaoxu, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, selon des propos rapportés par Reuters.

Il n’en reste pas moins que la Chine a mis en place sur son réseau Internet une “grande muraille numérique”, un système permettant de filtrer des mots-clés censés déstabiliser le régime sur les principaux portails et moteurs.

Bill Gates et Steve Ballmer sont sur la même longueur d’onde

Si Bill Gates, aujourd’hui co-président de la fondation humanitaire Bill & Melinda Gates Foundation, souligne que l’affaire Google en Chine reste “un problème complexe”, il n’en reste pas moins très pragmatique.

“[…] il faut décider si l’on veut obéir aux lois des pays où l’on est présent, ou pas. Et si la réponse est non, alors il faut peut-être arrêter d’y être présent”.

Pour la direction actuelle de Microsoft, les faits sont clairs et rejoignent la position de Bill Gates. Steve Ballmer, P-DG de l’éditeur américain, ne s’aligne pas sur les positions de Google.

Il a en effet déclaré il y a quelques jours  que même si “les cyber-attaques constituent une malheureuse façon de vivre”, Microsoft ne quitterait pas la Chine et continuerait à y développer son business.

“Il est clair que nous continuerons nos activités en Chine et que nous respecterons la loi”, a expliqué Steve Ballmer à l’antenne de CNBC.


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