Blablacar pose les quatre roues en Inde

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Blablacar franchit une nouvelle étape dans le développement de son service de covoiturage à l’international en couvrant un 14e marché : l’Inde.

Blablacar avait annoncé la couleur l’été dernier, après un tour de table de 100 millions de dollars : la plate-forme Web française spécialisée dans le covoiturage allait développer ses activités à l’international en visant plus particulièrement les pays de plus de 50 millions d’habitants.

Voici quelques semaines, Frédéric Mazzella avait réaffirmé cet objectif au micro d’ITespresso.fr, dans le cadre de l’événement LeWeb’14 Paris. Le président et cofondateur de Blablacar avait notamment évoqué le lancement de son service en Inde, après avoir investi la Turquie et la Russie l’année dernière.

Le pas vient officiellement d’être franchi : l’Inde devient le 14e marché couvert par la pépite Internet française, qui revendique désormais – une dizaine d’années après sa création sous la marque Covoiturage.fr – plus de 10 millions de membres et 2 millions de trajets organisés chaque mois grâce à sa plate-forme en ligne.

Cette implantation en Inde intervient à l’heure où la concurrence s’intensifie sur le marché du transport léger de personnes, avec les taxis et les VTC. En matière de covoiturage, on peut noter l’initiative de la SNCF, qui a annoncé, début décembre, le lancement d’IDVroom.com. Mais Blablacar répond aussi à la demande des investisseurs, qui misent dorénavant sur une internationalisation rapide de cette offre.

Le marché indien constitue un véritable test pour Blablacar : les transports en commun y sont omniprésents à travers les autobus et les trains… Mais ces réseaux sont souvent saturés dans les grandes agglomérations. Le covoiturage doit précisément combler cet écueil. Problème : l’économie de partage ne s’est pas encore réellement développée sous cet angle.

La réticence des Indiens à acquérir un véhicule n’y est pas étrangère, mais il existe des signaux favorables. Le nombre de voitures sur les routes du pays devrait décupler d’ici à 2020, pour atteindre les 450 millions. Et la ville de Chennai devrait rapidement devenir le premier hub de production automobile dans le monde.  Quant aux Indiens, ils sont désormais près de 300 millions connectés à Internet, essentiellement via les réseaux mobiles. Et leurs smartphones sont de plus en plus utilisés pour préparer des voyages…

Blablacar pourra s’appuyer sur ce socle pour bâtir une communauté d’utilisateurs face à des concurrents peu nombreux dans l’univers du covoiturage, mais gênants comme peut l’être la SNCF en France. Illustration avec RedBus (groupe Ibibo), qui revendique près de 2 millions d’utilisateurs actifs sur sa plate-forme de réservation d’autocars référençant 1500 compagnies.

Blablacar, dont l’antenne locale sera située à Delhi, compte aussi profiter des difficultés d’Uber. L’activité de l’exploitant américain de VTC est encadrée de près après l’arrestation d’un conducteur soupçonné d’avoir violé une cliente. La notion de sécurité est justement au coeur du discours de Nicolas Brusson. Le cofondateur de Blablacar a confié au Financial Times que le système permettant de choisir son conducteur et de l’évaluer serait généreusement mis en avant en Inde.

Parallèlement au développement de son service de covoiturage longue distance mettant en relation des conducteurs et des passagers qui souhaitent partager les frais d’un même trajet, Blablacar assure continuer à recherche des possibilités d’acquisitions et de collaborations locales, dans l’optique de construire une marque globale.

A voir ci-dessous : l’interview de Frédéric Mazzella lors de LeWeb’14 Paris.

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Crédit photo (ville de Calcutta) : Radiokafka – Shutterstock.com


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